vendredi 24 octobre 2008

27 JUILLET AU 14 AOÛT 2008 -Vers le nord du Vietnam

Au fil de notre voyage en Asie, nous avons rencontré pleins de gens qui nous avait mentionné que le nord du Vietnam était une région très belle pour ses paysages, sa nature, mais que le contact avec les gens était difficile et que ce n’était pas facile de voyager dans cette région. Le mot d’ordre passé par nos amis était « Dans le nord du Vietnam il faut passé par des agences, s’organiser tout seul relève de l’exploit olympique et entraine beaucoup de frustrations. » Évidemment nous les avons écouter, mais nous n’allions quand même pas nous empêcher d’aller visiter ses splendeurs pour quelques personnes qui ont eu des mésaventures… Nous étions cependant très loin de se douter que les mésaventures feraient alors partie de notre quotidien….

Le tout a débuter par la traversée entre Vientianne (Laos) et Hanoi (Vietnam). Nous avions choisi de faire le trajet en bus pour être plus dans notre budget (bus = 8X moins cher que l’avion). On savait que la traversée serait une épreuve car on avait vécu les transports au Laos, et le trajet prévu durerait près de 24 heures. On a alors mis le paquet et choisi un bus VIP… hi!hi!hi Le VIP voulait seulement dire avec air climatisé (donc pas de toilette, pas de TV, pas beaucoup d’espace entre les bancs, mais au moins nos sacs ne sont pas sur le toit du bus!).

Ayant appris de nos expériences précédentes sur le remplissage des bus au Laos, nous sommes donc arrivés 2 heures avant l’heure de départ pour pouvoir choisir nos places. On a alors fait face à notre premier contact avec ce système Vietnamien à deux vitesses : la vitesse pour les Vietnamiens et celle pour les étrangers. En arrivant un jeune arrogant (qui était Vietnamien), nous bouscule à porter nos sacs sous l’autobus, puis nous bouscule à entrer dans le bus. Ne parlant pratiquement pas anglais il nous prend par le bras et nous tire jusqu’à l’arrière complètement de l’autobus. Jean-Hugues réplique rapidement et refuse catégoriquement (heureusement) de s’asseoir au dernier rang à cinq bancs. L’autobus est complètement vide… pourquoi ne pourrait-on pas avoir une place vers l’avant??? A force de caractère il réussit à nous faire asseoir au troisième banc, à partir de l’arrière... On ne comprend pas vraiment pourquoi, mais ils ont forcé tout les voyageurs étrangers à s’asseoir à l’arrière et tout les Vietnamiens sont assis à l’avant. En plus de se voir assigner un siège, ils ont mis des boîtes sous tous les bancs, se qui signifie que nos grandes jambes de blancs becs canadiens ne pourront jamais se déplier… Grrrr on se sent déjà aggressé, aggressant… Le seul point positif à cette situation, c’est qu’on fait la rencontre d’autres voyageurs bien sympathiques, on n’est donc une dizaine ensemble pour traverser cette épreuve.

Après 2 heures d’attente le bus est plein, les Vietnamiens à l’avant, les étrangers forcés à l’arrière. On part à 7h30 pm. La route est plus belle qu’entre Luang Nam Tha et Luang Prabang et l’autobus roule à bonne vitesse, négociant bien les nombreuses courbes et à mesure que la nuit tombe prend possession des deux voies de la route. Après quelques heures on fait un premier pipi stop et souper stop. Un truc stop à la Loas, des toilettes asiatiques (un trou) qui puent l’urine et un petit resto où on peut manger la traditionnelle noodle soup. On repart pour un autre strech. Après 2 heures, un autre pipi stop. Cette fois-ci sur le bord du chemin. Les hommes s’alignent au bord du chemin, alors que les femmes ont tente de trouver un peu d’intimité, mais sans trop de succès. Heureusement il fait nuit. On reprend la route sillonneuse. Jean-Hugues arrive à dormir, alors que je somnole, mais ne trouve pas de vrai sommeil. Vers 2h00 am, on s’arrête complètement. On ne sait pas trop ce qui se passe, mais on réalise trop tard qu’on est arrêté dans un hotel jusqu’à 6h00 am. On a alors compris une des raisons pourquoi ils ont assis les Vietnamiens à l’avant… ils ont pu sortir rapidement de l’autobus et se louer une chambre pour dormir. Quand on a compris qu’on ne repartait pas avant 6h00, il était trop tard, toutes les chambres étaient prises. Tant pis, on voulait faire ça économe… Le problème est que lorsque l’autobus est arrêté, l’air climatisé aussi est arrêté. En très peu de temps l’autobus était un four où l’air était suffoquant. Jean-Hugues que je surnomerais l’ours hibernateur, à réussi à dormir dans ces conditions. Pour ma part s’était impossible. Je me suis donc ramasser à l’extérieur, sur une petite table en ciment à lire et à me faire observer et prendre mon livre par les monsieurs vietnamiens qui eux aussi ne dormaient pas. L’autre désagrément de ce stop, c’est qu’ils stationnent 2 autobus pleins dans un endroit sans toilette… c’est quoi… ils n’ont jamais envie??? La nuit fut longue, mais à 6h00 on repart.

Après moins d’une heure de route on arrive au poste frontalier. Première étape sortir du Laos. Vous auriez du voir ça, tout les vietnamiens (car finalement il n’y avait pas de Laotiens dans l’autobus) se bousculent et nous bousculent pour être les prochains à donner leur passeport. Les systèmes de file indienne ne font pas partie de leur culture. Ils entrent complètement dans nos bulles et ne se gênent pas pour nous dépasser. Peu importe on sait que lorsqu’ils auront fini, on pourra alors passé plus calmement. Évidemment on se fait demander des supposés frais par les douaniers… mais personne n’est en position pour répliquer et ce n’est qu’un dollars...

On doit ensuite marcher pour se rendre à la douane du Vietnam. À l’intérieur le même scénario se répète, 1$ pour avoir tel formulaire, un autre pour ravoir notre passeport… bref on se demande bien où va cet argent. Tout le monde passe la douane, mais on doit alors attendre l’autobus. C’est long… près de 2 heures à attendre avant de voir l’autobus traverser. Ils fouillent tout. On doit donc récupérer nos gros sacs et les passer au rayon X. Finalement on entre dans le bus et là on a compris une autre raison pour laquelle on était tous assis à l’arrière. Les sacs laissés ont été fouillés (heureusement on avait tous nos précieux, dont l’ordinateur avec nous). Une anglaise réalise alors qu’il lui manque son lecteur DVD. Elle se met donc à chercher et le retrouve dernière le banc du chauffeur! Facile de mettre tous les touristes ensemble pour savoir où sont leurs choses… Évidemment l’anglaise s’en ait voulu de ne pas l’avoir amener avec elle, et nous avons été bien content d’avoir tout amener. Il faut savoir qu’en quittant l’autobus on pensait qu’on allait y retourner plus rapidement.

Nous avons donc finalement repris la route. Les paysages changent quelque peu. Les montagnes cèdent place aux plaines de rizières. Les maisons sont très différentes et caractéristiques du Vietnam. Elles sont toutes faites en hauteur. Une belle devanture, de 3 à 5 étages, mais de la largeur d’une seule pièce. Il n’y a aucune, ou de toutes petites, fenêtres sur les côtés. Le tout en béton, avec des inscriptions datant de 2005, 2007… démontrant un Vietnam en construction et en expansion. Notre autobus VIP s’est alors transformé en autobus local, c’est-à-dire en autobus qui s’arrête partout pour embarquer et faire descendre des gens. En plus de ses nombreux arrêts nous avons aussi été pris dans un bouchon de circulation causé par une mauvaise gestion de zones de constructions. Notre chauffeurs se transforme graduellement en fou au volant et zigzag partout, klaxonne comme s’il jouait du tam tam, il ne semble avoir aucune crainte et passe partout. C’est assez épeurant, le seul réconfort c’est la ceinture de sécurité.

En route on peut lire dans le Lonely Planet la section historique sur le Vietnam. Un bien petit pays qui depuis tous les temps vit la guerre pour ne pas se faire envahir. Le Chinois, les Français, puis les Américains. Un pays divisé en deux : le nord communiste et le sud démocratique. Aujourd’hui il tente d’être unifier, mais les cicatrices sont profondes. Un homme, Ho Chi Min (oncle Ho) est sur tout les billets et est à l’origine du nord communiste. En lisant toutes ces informations on veut alors être plus concilient envers se peuple qui ouvre nouvellement ses portes au monde. On se rend bien compte qu’ils ont une histoire et une culture qui leur est propre et probablement que leurs coutumes nous sont vraiment étrangères. Nous arrivons finalement à bon port il est 20h30. Nous avons fait 25 heures de bus et nous avons survécu!!! On se fait organiser un transport jusqu’à un hotel dans les vieux cartiers d’Hanoi. Est-ce que le 1,5$ pour le trajet est trop cher (car on est 10 dans le mini-van) peu importe, on est affamé, fatigué et on ne rêve que de changer de sous-vêtement et de brosser nos dents.

On s’installe donc et on part à la découvert d’Hanoi. Marché de nuit, petits restaurants où on goutte à nos premiers rouleaux du printemps si typique du pays. On peu enfin décompressé, on est rendu à bon port et on a un toit sur notre tête.

Dès le lendemain on part à la recherche de l’ambassade de la Thaïlande pour avoir un nouveau visa (en prévision de notre retour à Bangkok) Ça nous permet de marcher dans les rues de la ville. C’est vraiment particulier de voir comment les commerçants se regroupe dans les rues pour vendre les mêmes produits. Ainsi il y a la rue des matelas, la rue des sandales, la rues des robes en soie, la rue des faire-parts. Les rues sont très animées, il y a des motocyclettes partout et la signalisation est presque inexistante. Le klaxon est probablement la pièce la plus importante sur leur engin. Le bruit est aggressant et ce n’est pas facile de trouver de la tranquillité. La vieille ville est quand même très intéressante son lac en plein centre la rend charmante. La citadelle avec ses trous formés par des boulets rappelle que c’est une ville qui a vu beaucoup de sang coulé. On va au petit restaurant local, et on expérimente encore une fois la deuxième vitesse du vietnam, on doit payé 2X le prix… On magasine les agences car on veut trouver quelqu’un qui nous permettrait d’aller visiter Sapa (dans le nord ouest) en moto. On réalise bien vite que notre trajet de rêve est non réalisable dans le laps de temps que l’on dispose. Tant pis, on ira en train et on s’organisera sur place.
Le lendemain on va visiter le musé de la guerre. Il est difficile de ne pas y aller puisque le mot guerre colle au Vietnam. C’est intéressant de voir le point de vue des viet congs. On y voit toutes sorte de choses allant de débris d’avions américains, à des tanks russes, des torpilles et des obus. Des photos, des textes des commandants français… bref un bon retour sur la deuxième guerre mondiale et sur la guerre du Vietnam. Suite à cela il est intéressant de chercher un peu partout les cicatrices, les artéfacts de la guerre.

Nous avons ensuite récupérer nos passeports et on est allé voir un spectacle de marionnettes sur l’eau. Un petit spectacle bien sympathique très typique de la région avec orchestre live. Le spectacle démontre des scènes de la vie courante asiatique avec des marionnettes qui rappellent les sentinelles de l’air. On est ensuite sauté dans un taxi pour se rendre à la gare afin de prendre un train de nuit en direction de Sapa.

Le train était parfait! Une cabine avec 4 couchettes climatisées et des lits « soft sleepers ». On partageait notre cabine avec un couple de vietnamiens en visite dans le nord. On était assez surpris car ce train est le train pour touristes et on paie vraiment le gros prix pour être confortable. Cette fois-ci j’ai moi aussi réussi à dormir et sans embûches nous sommes arrivés à Sapa.

21 JUILLET AU 24 JUILLET 2008 -Direction Laos - Vang Vien

Cette fois-ci nous avons quitté Luang Prabang dans un minibus réservé pour les touristes. On pensait ainsi avoir un transport plus confortable… on était tous entassé et ce n’était guerre mieux que l’autobus local! Heureusement l’état de la route s’améliorait au fur et à mesure que l’on descendait au sud ce qui aidait grandement notre vitesse de croisière. Nous sommes tranquillement sortis des régions très montagneuses pour être dans des vallées et avons ainsi rejoint notre prochaine destination. À nos yeux Vang Vien était le Queenstown du Laos; la ville touristique par excellence des jeunes et amant d’activités plus adrénaline.
Dans cette petite ville tout tourne autour des touristes. En effet il était très facile d’organisé une sortie de kayak, des randonnées, des cours d’escalades et du tubing. Le tubing est l’activité la plus reconnue de Vang Vien. Il s’agit de se laisser descendre quelques kilomètres dans une trippe sur le courant du Mékong. Tout en descendant il est possible d’arrêter, grâce à l’aide de jeunes locaux qui tendent des perches, à des bars improvisés tout au long du trajet. Ainsi les participants s’alcoolisent tranquillement en se laissant flotter et arrive à Vang Vien vers 17h00 complètement saouls! Plusieurs semblent tellement aimés l’expérience qu’ils recommencent le lendemain. Voyant l’état des participants à leur arrivée, la crue du Mékong causé par les pluies diluviennes des derniers jours et le manque de sécurité de l’activité nous avons convenu que ce n’était pas pour nous!

On a plutôt opté pour quelque chose qui nous branche plus : l’escalade. Comme nous avions tout notre équipement et pas besoin de guide, on a réussi à se faire expliquer comment se rendre aux parois. Même s’il pleuvait beaucoup les parois étaient à l’abris de la pluie. On est donc partis avec un petit lunch fait par la local lady, tout notre équipement et nos manteaux de pluie.

On a marché près d’une heure dans la pluie. On a traversé une très longue rizière les pieds dans la bouette. On a traversé une petite rivière et heureusement on s’est fait montré l’entrée du sentier par un local. Nous sommes finalement arrivés à ces parois de calcaire et comme prévu elles étaient sèches.

Dans ce site (le seul parmi une dizaine qui reste sec en saison des pluies) il y avait environ une dizaine de voies allant de facile à difficile. Parfait pour nous qui avions quelques jours seulement à Vang Vien. Déjà avec la voie de réchauffement nous avons eu le plaisir de regarder au loin et d’avoir un paysage asiatique; plein de rizières, le Mékong et Vang Vien. C’était très beau et paisible. Mis à part un petit groupe de 3 avec leur instructeur nous étions seuls à cet endroit nous étions seuls.

Nous avons eu beaucoup de plaisir à grimper, mais les conditions n’étaient pas les meilleures. Il faisait très chaud et humide et la marche d’approche assez longue. Disons que ce n’était pas à la hauteur de Tonsai, mais c’était bien plaisant de pratiquer notre sport. De plus nous n’étions pas dans la bonne saison; il a plus a tous les jours et toutes les nuits… En saison sèche vers décembre/janvier il semblerait qu’il est possible de grimper dans plusieurs autres beaux secteurs. Malgré cela, on ne recommanderait pas à quelqu’un de partir du Canada pour venir exclusivement grimper ici, on dirait plutôt de faire le petit détour si quelqu’un est déjà dans le coin.

Ainsi nous avons profité de Vang Vien. Nous avons marché dans la ville (2 rues principales) et essayer plusieurs petits restaurants sur la rive du Mékong. La vue était géniale. L’endroit en soi était très agréable et nous avons aimé notre petit séjour.

Jean-Hugues à même pu se départir de sa fameuse coupe de cheveux thaïlandaise; coupe de cheveux vraiment drôle et manquée qu’il avait depuis Ko Tao soit 1 mois plus tôt. Encore une fois l’aventure coupe de cheveux a été très drôle… Nous avions mangé dans un beau petit resto où la serveuse ne cadrait pas du tout avec l’environnement. Une belle grande femme bien coiffée, habillée en mini-jupe et en chemisier cintré avec une voie légèrement grave de très grandes mains, de grands pieds et une attitude un peu maniérée… Finalement cette serveuse un peu mal-habile était en fait la coiffeuse du salon juste à côté. Après notre repas nous avions encore un doute à savoir si cette femme avait des airs de travesti où si ce travesti était une femme très réussie! Ainsi nous avons passé pendant 2 jours devant son salon de coiffure et voyant avec quelle attention elle prenait soins de sa coiffure et aussi de celle de son assistant (tout aussi maniéré) nous avons convenu qu’elle pourrait sûrement sauvé la tête de Jean-Hugues. Pendant près de 20 minutes elle lui a coupé les cheveux, s’arrêtant de temps en temps la hanche sur le côté pour regarder quelles couettes elle devrait passées sous le ciseau. Après l’étape de la coupe elle a demandé à JH de la suivre dans l’arrière chambre, elle m’a fait signe qu’elle me l’empruntait pour quelques minutes… J’ai tellement ri de voir la face de Jean-Hugues incertain de ce qui ce passait!!! Après 5 minutes il est revenu tout relaxe alors qu’elle lui avait fait un massage du cuir chevelu. Un peu de gel et la coupe est beaucoup plus belle que la précédente (pas de tour d’oreille et de nuque au clipper… hi!hi!hi!) On paie et s’apprête à partire et c’est là qu’elle dit à Jean-Hugues avec un petit sourire en coin : « You can come back tomorow if you want ». Je n’en pouvais plus tellement c’était drôle, elle le draguait gentiment et sans offense devant moi... Nous avons donc convenu que ce travesti était une femme très réussie!

Après quelques jours nous sommes repartis sur la route cette fois en direction de Vientiane, capitale du Laos. En arrivant en ville, on s’est fait avoir comme des débutants par un chauffeur de tuktuk. Voici l’histoire : quand on prend le bus dans des pays d’Asie on ne sait jamais vraiment dans quel terminus on va aboutir. En effet, bien que nous ayons un Lonely Planet, il y a souvent plusieurs terminus et il est difficile sur place de savoir où nous sommes rendu puisqu’on ne connaît pas la ville et qu’on ne parle pas la langue. En arrivant à Vientiane, nous croyions que le terminus était à près de 15km du centre-ville où sont tous les hôtels. En débarquant on se fait rapidement approcher par un chauffeur. On lui demande s’il sait où est notre hôtel (que nous avions choisi dans le Lonely Planet). Il nous dit que oui. On lui demande combien pour le trajet. Il nous dit 25 000$ laotien (l’argent au Laos ne vaut rien…). Pour 15km c’est un bon prix… on embarque. On est alors surpris qu’il ne prenne pas d’autres passagers pour rentabiliser son trajet. On tourne une première fois à droite, une deuxième fois droite… puis une troisième fois à droite le tout à l’intérieur de 500m. On comprend alors qu’on tourne en rond, et là je revois un bâtiment à côté de notre point de départ. On arrive rapidement devant l’hôtel. On était à près de 5 minutes à pied du point de départ! On est vraiment perdu et choqué. Je paie quand même, juste parce que le Lonely Planet dit de toujours payé le prix convenu.... On se rend bien compte que le chauffeur qui s’est payé notre gueule nous rit en pleine face alors qu’il parle avec le gérant de l’hôtel. JH lui dit franchement qu’il est malhonnête, qu’il aurait du nous dire que c’était si proche, que ça ne valait pas du tout le prix, mais on sait tout deux que c’est peine perdu. Quels poissons nous avons été! Morale de l’histoire : ne jamais prendre le premier chauffeur qui nous tombe dessus, les plus vites sont les plus malhonnêtes!

Vientiane était pour nous un cours arrêt de 24 heures le temps de visiter un peu la ville et ensuite de prendre le bus vers Hanoi au Vietnam. On s’est donc promener à pied sous un soleil cuisant. Encore une fois on sent beaucoup les influences françaises. L’Arche de Triomphe version Laos est probablement ce qui nous a le plus intéressé. Cette structure à 4 tours nous a permis d’avoir une très belle vue de plus haut de toute la ville. On a aussi passé devant plusieurs temples Bouddhistes.
On s’est promené comme ça toute la journée et à 17h00 on était au terminus d’autobus près pour 24 heures de transport.

18 JUILLET AU 20 JUILLET 2008 - Direction Laos - Luang Prabang

Après avoir eu ça à la dure dans le nord du Laos on s’est dit que quelques jours à Luang Prabang seraient des plus bénéfiques. Cette fois-ci on a réservé nos places dans l’autobus et on était préparé mentalement pour notre 150 km en 5 heures… C’était beaucoup mieux et plus confortable car l’autobus était moins rempli. De plus le chauffeur prenait des pauses cigarettes aux 2 heures, ce qui était fantastique pour se dégourdir les jambes et vider nos vessies. On est donc arrivé en meilleure forme à Luang Prabang.

C’est une vieille ville avec beaucoup d’influences françaises. Elle est d’ailleurs décrite comme étant le joyau de l’Indochine et fait partie depuis 1995 de l’Unesco World Heritage.

La ville est magnifique. On a trouvé un petit resto français qui avait dans son menu des pâtes délicieuses, des soupes de rêve et des petites pâtisseries bien sucrées. On s’est payé le luxe afin d’oublier les carcasses de poulet! De même, nous avons trouvé une très belle chambre lumineuse et aérée dans une rue près du Mékong. On y était très bien et ça nous a aidé à oublier les mésaventures passées.

Luang Prabang est aussi reconnue pour son night market. Tous les soirs la rue principale est fermée et de nombreux artisans, paysans s’y installe pour vendre leur articles. On y retrouve beaucoup de broderies, des sculptures de bois et bons nombres de souvenirs. C’est très agréable et on comprend bien vite que c’est ici que vont tout les touristes.
Comme Jean-Hugues reprenait du mieux on a décidé de faire une petite excursion dans les rues de la ville et ainsi de visiter ses principaux attraits. Nous sommes montés au sommet du mont Phousi qui est au centre de la ville. De là-haut nous avions une vue fantastique de la région. Au sommet du mont Phousi se trouve aussi un temple et de nombreuses sculptures de Boudha.

Ainsi nous avons eu 2 belles journées de repos dans cette belle ville qui contraste énormément avec Vieng Pouhka…





Alors que Jean-Hugues se reposait et reprenait des forces, j’ai décidé de partir en petite excursion pour aller visiter les chutes du Kouag Si. Elles étaient dans tous les prospectus touristiques… je me devais d’aller voir si elles en valait le coup ou si elles étaient un peu comme les chutes vu dans le nord de la Thaïlande, c’est à dire très décevantes. J’ai donc pris place dans un taxi local avec un petit groupe de touristes pour ce tour organisé. Le dit taxi ressemble en fait à un gros tuktuk avec des fenêtres plastiques qu’on descend pour se protéger de la pluie. On arrive donc sur place et comme on met pied par terre le déluge commence à tomber. Pas de problème… je suis prête à affronter la pluie; manteau goretex et drybag pour protéger la caméra. Ce qui est bien de la pluie c’est qu’elle fait fuir la majorité des touristes… il ne reste donc que les aventuriers amant de la nature pour trouver l’expérience magique et exceptionnelle! Pas besoin de vous dire que j’étais de ceux là. Je pars donc seule de mon côté cherchant à fuir les hordes de monde. Très facilement je remonte un petit cour d’eau qui finalement devient plus grosse rivière… et partout autour de moi se trouvent de petites cascades. C’est magnifique. Comme il pleut beaucoup l’eau s’accumule dans les sentiers, couvre les escaliers et déborde partout. J’arrive finalement à la chute principale qui était à couper le souffle. Je remonte un sentier qui m’amène en haut de la chute. C’est de toute beauté de voir des rideaux d’eau couler un peu partout. Dans mon exploration je rencontre d’autre gens, mais de façon isolé et ils sont eux aussi enchanté de l’expérience. Au bout de 2 heures d’explorations intense je retourne au stationnement où finalement il s’arrête de pleuvoir. J’étais énergisée par eau qui coule, ces arbres aux grandes feuilles et le son de la pluie! Bref… bien que le tour était touristiques j’ai adoré cette brève expérience et j’y serais restée pour une autre heure facilement!
En étant à Luang Prabang, j’ai passé à deux cheveux d’aller vivre l’expérience Mahout. Les Mahouts sont les gens qui dressent et s’occupe des éléphants de travail. J’aurais alors appris à communiquer avec les éléphants, les laver et les monter. Je ne l’ai pas fait car le groupe était déjà plein et nous ne pouvions pas retarder plus longtemps notre départ vers Vang Vien (les jours étaient compté car nous avions une date précise ou nous devions être au Vietnam et rejoindre des amis). Ça sera pour la prochaine fois car tous ceux qu’on a rencontré qu’ils l’ont fait on adoré l’expérience.

7 JUILLET AU 18 JUILLET 3008 - Direction Laos - Akha Trail

Après avoir passé plus de 3 merveilleux mois en Thaïlande nous nous sommes dirigés vers son voisin : le Laos. Nous sommes donc parti de Chiang Mai en direction de Chiang Kong (si ma mémoire est bonne, car nous avons laissé en cours de route notre Lonely Planet désuet de la Thaïlande et celui du Laos est déjà revenu au pays…). Nous sommes donc parti vers la ville frontalière dans le nord de la Thaïlande et le nord du Laos. Il nous a alors fallu traverser le Mékong un grand fleuve qui sert de frontière réelle entre les deux pays et sommes entrés au Laos à Oybouabouddy (c’est ce qui est écrit dans nos passeport hi!hi!hi!). Le Mékong parcourt tout le Loas et va ensuite vers le sud du Vietnam. Beaucoup de touristes prennent ensuite un bateau qui descendra le Mékong jusqu’à Luang Prabang une des villes touristiques très populaire au Laos. Vous nous connaissez… On ne voulait pas faire comme tout le monde, alors on a pris un trajet un peu différent.

Une fois le Mékong traversé on a été surpris de changements! Du côté Thaïlandais on avait accès à plusieurs facilités du genre Internet, bons hôtels, agence de voyage alors qu’au Laos toutes ses commodités étaient pratiquement inexistante. Nous avons pris un tuktuk qui nous a sauvé près de 10 km de marche (Jean-Hugues voulait marcher, il ne croyait pas que nous étions si loin…) À la station d’autobus nous avons goûté notre première soupe aux nouilles laotienne. Elle était délicieuse, remplie d’herbes fraîches, mais nous avons vite compris que c’était le met principal au Laos et qu’elle n’était pas toujours aussi bonnes. Notre autobus était quant à lui bien différent de tous les bus que nous avions pris en Thaïlande. Bien plus petit, bien plus vieux, bien plus tassé… À ce moment la nous ne savions pas encore qu’il était primordial de réserver sa place dès que l’autobus ouvrirait ses portes. Nous sommes donc parti vers Vieng Puckha sans embûche et nous avons été très surpris de rouler sur une super autoroute nouvellement finie. C’était très impressionnant de voir les murs cimentés de plus de 30m de hauts aux endroits ou les montagnes étaient plus abruptes, et malgré cela nous avons vu plusieurs endroits ou il y avait des petits glissements de terrain et de petits éboulis.


En descendant a Vieng Puckha on s’est senti bien loin de tout et seul même si 2 autres voyageurs sont descendus avec nous. Cette ville rurale est très typique du pays et très peu habitué aux voyageurs. Disons que le Laos est très pauvre et n’a pas encore toutes les facilités de la vie urbaine dans toutes ses régions. Les cochons, les poulets, les canards tous les animaux se promènent librement dans la ville. L’électricité n’est disponible que durant 3 heures en soirée et il n’y a pas d’eau courante. Nous avons appris que ce n’est que depuis environ 5 ans que les voyageurs on commencé a arrêté la pour faire des treks. Il existe quelques guesthouse qui offrent des chambres très rudimentaires. Nous nous sommes donc trouvé un petit bungalow de paille avec un gros conteneur d’eau qui sert de douche, et d’eau pour la toilette asiatique. On s’est éclairé a la chandelle et a la lampe frontale! On est ensuite allé au bureau touristique (le seul endroit où il y a des gens qui parlent anglais) et on s’est organisé un trek dans la jungle avec un guide pour les trois journées a venir. On a été très gentiment accueilli et le guide en chef est venu souper avec nous. C’était très bien, il nous a montré un plat traditionnel de viandes grillées sur une plaque chauffante (un petit BBQ au charbon de bois intégré a la table) accompagnées de légumes bouillis dans le pourtour de la plaque. C’était très bien et très intéressant.

Très tôt le lendemain matin nous avons rejoint Bouliane, notre guide, et Bin une toute petite laotienne apprentie-guide. Notre aventure a alors commencé par la plus rock and roll ride de pick-up de toute notre vie. Évidemment en tant que fournisseurs d’argent pour toute cette équipe, nous avions des places confortables à l’intérieur, mais 5 laotiens villageois des villages perdus dans la jungle ont pris place dans la boîte extérieure. Nous sommes bien vite sorti de la route asphaltée en avons emprunté un chemin rempli de côtes et surtout plein de bouette. On est en saison des pluies et ça paraît! Notre chauffeur mérite fortement ce titre. On fait du off road comme on en a jamais fait. On traverse des bancs de bouette quelques fois profonds de plusieurs pieds, on glisse de gauche a droite, on accroche des branches, on monte des côtes impossibles et on en redescend des tout aussi impressionnantes mais on tient toujours la route. C’est drôle, ça nous rappelle nos montés au Buttermilk a Bishop dans le pick-up a Caudy, mais c’est vraiment plus extrême! Après plus d’une heure, on arrive enfin à destination un petit village ethnique où nous avons commencé le trek.

Dans cette première journée, on s’est enfoncé dans la jungle durant environ 3-4 heures. Nous avons été chanceux, on n’a pas eu de pluie pour cette section. Nous sommes arrêtés dîner dans un premier village. Les villages sont très pauvres et rudimentaires. On ne voit pas beaucoup d’adultes car ils sont tous aux champs en train de travailler. Les champs sont des champs de riz. En région montagneuse le riz est beaucoup plus difficile a cultiver et ici toutes les étapes se font a la main. A notre passage beaucoup travaillaient a enlever les mauvais herbes afin de s’assurer que les plans seront plus fort. Au village ou nous avons dîner nous avons manger dans la maison du chef du village. Il a été très content car nous lui avons donné des ibuprophens car il était malade (fièvre et toux). On n’avait rien d’autre… et pour lui c’est très difficile de voir un médecin et d’avoir des médicaments. On espère que notre geste lui aura permis d’être assez bien pour se déplacer et voir un médecin. Après dîner nous nous sommes arrêté dans un autre village ethnique ou nous avions une maison/hutte appartenant a la compagnie de trekking. Comme il était tôt en journée nous avons fait un petit détour pour aller voir une chute d’eau cachée dans la jungle. En route nous avons vu de nombreuses rizières, et aussi de nombreuses zones où les arbres ont été complètement brûlés pour pouvoir par la suite cultiver ses terres. C’est très triste de voir ça, mais de l’autre côté, ses gens ont besoin de terres pour pouvoir cultiver et manger. En cours de route, nous avons eu notre premier contact avec les leeches; de petites sangsues bien déterminer a nous prendre quelques goûtes de sang. On a aussi été surpris par une pluie diluvienne… c’est la saison des pluies! En soirée Bouliane et Bin nous ont préparé un délicieux repas avec du sticky rice, des eggplants, des lentilles et des oeufs. On a mangé à la façon laotienne soit juste avec la main droite. On a bien dormi dans notre petite maison et on était prêt pour une longue journée le lendemain.






Au lendemain nous avons continué d’avancer dans la jungle. Nous avons eu de nombreuses rivières a traverser et nous avions les pieds dans l’eau et dans la boue. Nous avions bien ri quand j’ai complètement manqué une traversée sur un tronc d’arbre et que je me suis retrouvée mouillée jusqu’aux genoux! En cours de route il y avait des leeches et nous nous sommes fait mordre a multiples reprises mais tout était sous contrôle. Nous nous sommes arrêtés dans un autre village pour dîner. Plus on avançait et plus on réalisait que ces gens sont vraiment coupés de tout. Dans ce village je me suis amusée a prendre des photos des enfants. Au Laos, ce n’est pas facile de prendre des photos des gens car ils ne savent ce qu’est cet appareil et en sont craintifs. Les enfants quant a eux étaient curieux de nous voir et une fois que je leur ai montré les photos sur l’écran voulaient que j’en reprenne de plus en plus. Notre guide nous a dit que nous étions peut-être les premiers blancs que ces enfants voyaient. J’ai bien ri de voir un homme prendre le soulier de Jean-Hugues (car en entrant dans les maisons on enlève toujours nos chaussures) et l’observer sous toutes ses coutures, même s’il était complètement couvert de bouette!
Le village Akha où nous nous sommes arrêtés pour la nuit était assez grand et assez surprenant. C’était un village à nos yeux plus riche que ceux que nous avions vu précédemment, même s’il était plus difficile d’accès. Il y avait de nombreuses vaches entremêlées de cochons et de poulets. Évidemment aucune clôture ou enclos et les enfants jouaient à travers tout cela! Le sol était très boueux et les bouses de vaches et de cochons se mêlaient à tout… Nous avons trouvé très peu commode quand Bouliane nous a dit qu’il n’y avait pas d’endroit pour les toilettes et que pour libérer nos besoins nous devions aller dans la jungle. Il nous a même suggéré le soir d’y aller deux par deux de façon à éloigner les cochons!!! Du dépaysement, on en avait.

Cette fois-ci pour souper, on a été chanceux, on a acheté un poulet vivant. Ce soir la les Spirits (esprit qui habitent toutes choses vivantes) autorisaient de manger un poulet. Le chef du village communique avec eux pour décider qu’est-ce qu’on peut manger (porc ou poulet)… Cool, au moins on savait que le poulait serait frais. On a bien ri car on a failli se faire refiler un poulet blanc. Dans les croyances de ces villages, les Spirits ne leur recommandent pas de manger les poulets blancs. On a donc assisté à toute les étapes de préparation de notre poulet. On a vu comment ils l’ont tué (par pendaison), comment ils l’ont bouilli, déplumé et cuit (en le faisant bouillir encore une fois).

Quand est venu le temps de manger, nous avons été très surpris de goûter le pire poulet de toute notre vie! Il était très coriace et difficile à mastiquer. Nous avons aussi appris que les Laotiens ne font pas de gaspillage et mangent les os, les pattes et même la tête!!!! Ouach… Pas pour nous…

Après notre décevant poulet, on ne voulait pas dire qu’on le trouvait pas mangeable étant donné la valeur du repas dans ce pays, nous avons eu la chance d’avoir un massage a la laotienne. 3 jeunes filles du village d’environ 14-15 ans nous ont massé pendant près de 45 minutes. Elles étaient bien bonnes. Bouliane nous a dit qu’elles ont appris de leur mère et ainsi se transmet le savoir.

Durant la nuit, on s’est tous fait réveillé par un veau qui pleurait parce qu’il ne trouvait pas sa maman… Très longue nuit!

Au lendemain matin Jean-Hugues me dit qu’il ne se sentait pas bien, qu’il se sentait malade et un peu fièvreux. Malheureusement on ne peut lui accorder une journée de repos, on doit marcher près de 20 km pour sortir de la jungle. Comble de malheur il pleuvait a boire debout et tout était en bouette. On est donc parti affronter dame nature. On n’a jamais marché dans autant de bouette! De plus les leeches se sont mis de la partie et a chaque rivière que nous traversions nous faisions un leeche check ou il nous est arrivé d’enlever près de 10 leeches a la fois. Heureusement Bouliane et Bin nous aidaient et nous enlevaient les bestioles récalcitrantes à l’aide de leur potion de grand-mère à base de sel et de tabac.

De mon côté j’appréciais l’aventure dans la jungle, cependant Jean-Hugues allait de plus en plus mal. La fièvre montait tranquillement, il était de plus en plus faible et marchait du mieux qu’il pouvait. Nous étions détrempés et on dépensait de l’énergie pour ne pas geler même si nous avions nos gortex. Quand Bouliane, notre guide, s’arrêtait pour une pause il n’était pas possible pour JH de s’arrêter plus de 5minutes car il se mettait à frissoner.

Heureusement en milieu d’après-midi la pluie s’est calmée. Nous sommes donc arrivés à destination après près de 8 heures de marche dans les côtes, les rivières, la bouette et les leeches! En attendant notre transport pour revenir à Vieng Puchka qui était à 15km de route, nous en avons profité pour enlever nos chaussures et faire un dernier et ultime leeches check. Jean-Hugues avait trouvé une bestiole dans son soulier, mais n’arrivait pas à l’enlever; disons que ses capacités étaient limités par la fièvre, le froid et la fatigue. Il a donc demandé à Bouliane de le faire pour lui. Nous n’avons pas alors réalisé que Bouliane avait enlevé l’orthèse du soulier, mais surtout qu’il ne l’avait pas remise car nous sommes reparti en sandales!

Notre transport arrive, on se fait ramener en ville, on remercie Bouliane et Bin pour la belle aventure malgré la pluie. Ils ont été charmants et aidant tout au long des trois jours. On fait le tout assez rapidement car JH doit vraiment aller se coucher puisqu’il ne feel pas bien et fait maintenant une bonne fièvre.

On retourne donc dans un guesthouse rudimentaire, sans douche, sans eau courante, sans électricité. Je donne des Tylénol à JH, je lui dis de se coucher et que je vais m’occuper de défaire les sacs et d’accrocher les vêtements mouillés. C’est à ce moment précis qu’on découvre qu’il manque une orthèse dans sa chaussure… On pense rapidement et on fait le lien avec la leeche enlevée… Il faut donc que je trouve un moyen de retourner la chercher! Pas facile car à Vieng Puchka il n’y a pas de taxis et peu de gens parlent anglais, donc ne me comprennent pas!
Je retourne donc au bureau touristique et trouve un des dirigeants (qui parlent pas trop bien anglais) et lui explique la situation. Malheureusement il semble pressé de partir et me dit que c’est le problème de mon guide!!! Il me dit qu’il va l’appeler dans 5 minutes quand il va revenir et que Bouliane me contactera par la suite. J’essaie de faire plus, lui propose de l’attendre, lui dit que je veux juste un transport… Rien à faire le monsieur disparaît et me laisse seule comme ça…

Je retourne auprès de mon malade qui dort à point fermé. Cependant il est très chaud et la fièvre ne semble pas descendre. Je le force donc à venir dans la salle de bain ( ou plutôt pièce à toilette et bidon d’eau) et je lui donne une douche à la chaudière. Ça l’aide un peu mais l’opération sera à refaire plusieurs fois dans la nuit. À chaque fois que nous entrions dans la toilette on se devait de localiser une grosse araignée qui nous faisait peur avec ses grandes pattes poilues…(plus petit et moins velu qu’une tarentule).

Ça va pas trop bien… Il faut qu’on prenne l’autobus le lendemain à 10h00 car on ne peut rester là dans ces conditions alors que Jean-Hugues est malade, mais on ne peut partir sans l’orthèse qui est essentielle pour ses genoux au Népal. Comble de malheur je suis allée manger au resterant, j’ai commandé du poulet au riz… j’ai reçu une carcasse (des os pas de viande) de poulet avec du riz! Pas bon du tout!

Je pense que c’est la première fois du voyage ou je m’ennuie de chez moi et que je me sens seule et un peu désemparée. Je prépare nos sacs (je mets tout ce qui est lourd dans le mien pour donner une chance à mon amoureux) et je me dis que la nuit porte conseil et que demain sera un jour meilleur.

Le lendemain matin j’avais mon plan d’attaque. Je me lève tôt pour aller attendre mon monsieur de la veille à l’ouverture du bureau. Ainsi je donne une chance à Jean-Hugues de dormir plus longtemps. Je me rends au bureau, et revois le monsieur. J’avais amener l’autre orthèse et chaussure pour lui montrer ce qui me manquait. Heureusement pour moi, Bouliane arrive à ce moment-là (j’étais très surprise car il nous avait dit qu’il travaillait dans sont champs cette journée là). Je lui explique la situation et lui dit que je suis prête à payer pour y aller… Il comprend que c’est très important et il ne me demande que de l’argent pour son gaz et il part en mobylette pour la retrouver. Il revient au bout de 45 minutes le sourire triomphant l’orthèse à la main! Wow, je suis si soulagée et nous avons le temps d’aller prendre l’autobus. Je me suis retenue de l’embrasser car c’est mal vu là-bas mais je pense que mes milles mercis, mon sourire et 3X le prix du gaz lui ont bien démontré ma gratitude.

Je rejoins mon malade et lui annonce la bonne nouvelle. Jean-Hugues n’est toujours pas en forme, mais on se dit qu’il faut vraiment se rendre dans une ville avec électricité et eau courante. On espère se rendre à Luang Prabang qui est à environ 350 km.

On prend donc un premier mini van tout confort et bon prix qui nous amène en environ 1 heure à Luang Namtha ou nous allions prendre l’autobus jusqu’à Luang Prabang. Jusque-là la route était très belle, c’était le nouvel autoroute. Malheureusement le chauffeur nous a tout d’abord débarqué au mauvais terminal… il nous a donc refait payer le même montant que nous lui avions donné pour 1 heure de route, alors que nous étions à 10 minutes du bon terminus. De plus en arrivant on réalise que nous avions manqué le seul autobus pour Lung Prabang (il partait à 9h00 am). On décide donc de faire quand même une partie du chemin et de se rendre à Muang Xay qui se trouve à mi-chemin. On doit cependant attendre 2 pénibles heures avant le départ. Jean-Hugues aurait voulu dormir, mais l’endroit n’est pas assez confortable. De plus on se dit qu’on n’a que 150km à faire, ça va être assez rapide et qu’ensuite on sera bien. En attendant, on rencontre une voyageuse française (ils sont vraiment très nombreux au Laos, car ce dernier est une ancienne colonie française). Elle est bien sympathique et voyant l’état de Jean-Hugues nous suggère que c’est peut-être la malaria même si on prenait déjà les médicaments contre la malaria. Elle-même a déjà fait plusieurs crises de malaria qu’elle contrôle avec le Malarone. Je suis bien embêtée, mais il est vrai que s’il prend la dose curative rapidement il peut s’éviter des séquelles associées si c’est bel et bien la malaria. Si ce n’est pas ça (je pense qu’il a un virus que lui aurait peut-être transmis l’Allemand tenancier de la Guesthouse à Chiang Mai car il était très malade à notre départ ) il va juste avoir une grosse dose de Malarone et avoir le système digestif tout à l’envers. Il décide donc de prendre le Malarone curatif au cas ou. Il faut aussi expliquer qu’au Laos on ne peut espérer voir un médecin compétant même dans les grandes villes. Pour des soins médicaux de qualité il faudrait retourner en Thaïlande ou aller au Vietnam.

Bien qu’on avait déjà pris l’autobus, on n’avait pas compris l’importance de réserver nos places dès que les portes sont ouvertes (2 heures avant le départ). On pensait qu’en ayant un billet, on s’assurait une place. On a appris à nos dépens. Jean-Hugues s’est ramassé à côté d’un homme qui ne voulait pas mettre ses baguages sur le toit, comme tout le monde, et qui prenait alors un banc et demi. Pour ma part je me suis retrouvé sur un coussin sur le moteur entre le chauffeur et le passager avant. L’autobus était plein, il y avait même des gens assis sur des chaises de jardins dans l’allée.

On est donc parti inconfortable, dans l’espoir d’arriver au bout de 2 heures. On a vite réalisé que l’enfer serait beaucoup plus long. La nouvelle autoroute se terminait à Luang Namtha et laissait place à une piètre route de campagne ou les nid de poules étaient des lits de dinosaures et ou la vitesse moyenne était 15km/heure. C’était atroce! Nous arrêtions fréquemment pour laisser descendre et prendre des passagers. J’ai heureusement pu, après 2 heures, m’asseoir sur une chaise de jardin. Jean-Hugues quant à lui combattait la maladie, et aurait bien voulu dormir, mais c’était impossible dans ces conditions. Au bout de 5 heures ne pouvant plus me retenir, j’ai demandé (ou plutôt gesticulé) au chauffeur de faire un arrêt pipi. Tout l’autobus s’est précipité pour aller libérer leur envie! Je n’en reviens toujours pas que personne ne l’ait demandé avant alors qu’ils parlent tous laotien… Nous sommes finalement arrivés à Oudoumxay au bout 5h30. La pire ride d’autobus de toute notre vie!

J’ai alors trouvé une très confortable chambre ou nous nous sommes installés. Nous y sommes restés pendant 3 longues journées ou Jean-Hugues était tellement malade et faible que je devais lui ramener de la nourriture. Souvent je l’ai envoyé dans la douche froide pour baisser sa fièvre. Pour ma part j’ai visité un peu, mais il n’y avait pas beaucoup pour les touristes car c’est une ville transition pour les voyageurs. Beaucoup de chinois sont établis dans cette région et ainsi Oudoumxay a beaucoup d’influences chinoises.

Tranquillement Jean-Hugues s’est remis et nous avons enfin quitter Oudoumxay pour Luang Prabang. J’ai trouvé ça très difficile de voir mon amoureux si faible et de me sentir si impuissante. C’est probablement une des pires passes du voyage, mais heureusement il s’en est remis. Avec du recul on ne pense pas que c’était la malaria, peut-être plus un virus ou la fièvre de Dengue. On pense ne jamais vraiment le savoir. Il est bien certain que la maladie fait partie des voyages, mais on fait tout pour la limiter!