samedi 21 février 2009

4 AU 7 AOÛT 2008: Baie d'Halong et l'île de Cat Ba

Dès le petit matin on est fin près à partir. Comme il n’y a pas de restos qui servent des petits déjeuners comme on les connaît et que la chicken noodle soup ne nous inspire pas à cette période de la journée, on s’est improvisé un déjeuner avec du bon pain (ça c’est grâce à la colonisation française…), du yogourt et des fruits. Dragon fruit et pomelo sont très à la mode par ici.

Avec un peu de retard notre transport, une van 8 passagers, arrive sans embûche. Bien confortable, on sort donc de la métropole et commence à voir la campagne, le Vietnam plus rural. C’est vraiment drôle de voir JP et Martine qui s’exclame à la vue des rizières… de notre côté c’est déjà rendu chose courante puisque ça fait plus d’un mois qu’on les voit bordant les routes.

Les maisons vietnamiennes ont quelque chose de vraiment particulier : elles sont toutes faites sur le haut. On a compris que le coût des terrains était si élevé que la seule façon pour eux d’avoir de l’espace était de construire en hauteur. Ainsi toutes les maisons ont de très belles façades, mais aucune fenêtre sur le côté car elles sont prêtes à accueillir un voisin collé sur elles…

En chemin nous avons fait un arrêt touristique : la fabrique de vases et de broderies vietnamiennes. Bien qu’au début on n’était pas très allumé par cet arrêt on a bien apprécié de voir comment ils sont fabriqués, peinturés, et de voir les gens au travail. Martine et moi en avons profité pour faire de petits achats… heureusement que Martine et JH ont marchandé!

Nous sommes arrivés à la ville d’Halong en début d’après midi. Jusque là tout était parfait et on était confiant… Notre guide, qui n’était en fait qu’un accompagnateur dans l’autobus nous dit que notre vrai guide devrait arrivé sous peu. On est donc près des quais avec pleins d’autres touristes qui semblent attendre comme nous. Tranquillement plusieurs bateaux commencent à partir et il y a de moins en moins de monde autour de nous. On est toujours confiant, mais on se demande si ça va être encore bien long… On repère notre accompagnateur qui semble un peu énervé et qui parle au téléphone. On commence à avoir un doute sur la situation, surtout quand Martine pense avoir vu notre bateau (celui qui portait le nom sur la photo du prospectus) partir vers la mer… Finalement notre accompagnateur vient nous voir et nous présente notre guide. Un jeune vietnamien qui parle un anglais de base et qui semble un peu nerveux. On est alors regroupé avec d’autres touristes qui vont partager notre croisière. Mine de rien on leur pose des questions sur le prix qu’ils ont payé et on réalise qu’on a payé 20 USD de plus qu’eux… Humm là on sent que quelque chose ne va pas. Notre guide nous invite à monter à bord… nous prenons la peine alors de s’assurer que le bateau va bel et bien nous débarquer à Cat Ba comme prévu. Quand on lui pose la question ils nous dit que NON… là ça ne marche pas du tout!!! On décide donc de ne pas embarquer tant que la situation n’est pas éclaircie… A force de parlementer et de faire de gros effort pour rester poli avec le guide qui finalement nous avoue que sa compagnie à racheter nos billets, car notre supposé bateau était plein et avait effectivement déjà quitté le port… Au début il perdait contrôle et nous disait que ce n’était pas de sa faute et qu’ils ne pouvaient rien pour nous… Que la croisière était similaire et que nous n’avions rien à dire. Jean-Hugues a alors sorti sa grosse voix, a réussit à faire monter les larmes cet arrogant guide et finalement nous l’avons convaincu d’appeler notre gérant d’hôtel pour démêler le tout (on lui a même promis de payer le coût de l’appel). On était bleu… on voulait acheter la paix… la simplicité… et voilà qu’on était dans une situation qui semblait un peu désespérée. En parlant au téléphone il s’est désamorcé et a compris que notre demande était légitime. Cependant, pauvre de lui, il était maintenant pris avec nous et était effectivement impuissant et non responsable de la situation. À force de téléphone il nous est arrivé avec une solution… Ce n’était pas aussi simple que prévu, mais ça nous permettait de débarquer à Cat Ba. Le plan est de passer la journée et la nuit à bord de son bateau et le lendemain matin on va accoster un autre bateau qui lui va nous amener à Cat Ba…

On embarque finalement… ouf… vraiment pas facile… On se calme tranquillement… Le guide fait de même et devient même très gentil. Comme il sait qu’on a payé plus cher que les autres nous offrent le premier choix des cabines… mais finalement elles sont toutes assez équivalentes, on ne voit donc pas la grosse faveur, mais son intention était là!

On dîne et la croisière commence. Tout le monde retrouve le sourire. On sort les caméras et on commence à prendre des tonnes de photos… Avec JP on se lance des défis photos… j’ai enfin un partenaire photographique!!! On commence à voir ces fameuses îles de calcaire qui font la renommée de la Baie d’Halong.

C’est très beau, mais on est déçu de trouver l’eau polluée et avec plusieurs détritus qui flottent un peu partout. C’est un peu drôle le concept des croisières. En effet la majorité des bateaux suivent les mêmes trajets et font les mêmes arrêts. La seule différence consiste dans le luxe et la qualité de la nourriture à bord.
Notre premier arrêt est pour aller voir la grotte Hang Sung Sot. En tant que grimpeurs et voyageurs nous avons déjà vu des grottes et nous n’avons pas de très grandes attentes face à celle-ci, surtout qu’on s’y rend en file indienne tellement il y a du monde. C’est donc après une longue montée en escalier, qui nous a cependant donné une belle vue de la baie, que nous avons pénétré cette populaire grotte qui se divise en trois salles.

À la première salle nous avons été légèrement impressionné. De nombreux stalactites, un petit passage secret que nous avons emprunté en douce (qui nous faisait en fait tourné en rond…) des éclairages colorés qui donnaient belle allure à la grotte.

Cependant quand nous sommes passés à la deuxième chambre, là nous avons compris l’envergure de la grotte. Des plafonds hauts de plus de quinze mètres, des colonnes qui reliant le plafond et le plancher, des formes de calcaires qui donnaient de la magie à l’endroit. Notre attention est aussi allée rapidement sur la « roche phalique » illuminée de rose qui est un symbole de fertilité. Pour nous s’était un autre beau Snorkel… avec lequel nous avons bien ri à faire de drôle de photos… Ça y était on était charmé par l’endroit et c’était tellement amusant..

La troisième salle était de l’envergure de la deuxième. Les jeux de lumières étaient parfaits et bien qu’il y avait beaucoup de touristes nous en avons bien profité… si bien que notre guide nous cherchaient pour nous inciter à revenir à bord.

À la sortie de la grotte on a été surpris de voir plusieurs petits bateaux dépanneurs, en effet la manne des touristes est probablement la meilleure façon de gagner sa vie dans la région. On peut acheter un peu de tout, mais surtout des cochonneries… disons qu’ils sont assez fort là-dessus. On comprend alors d’où viennent les détritus qui flottent partout…

Prochaine arrêt : un village flottant. Du village flottant nous avons pris des kayaks pour faire une courte sortie dans une autre petite baie. Heureusement que la sortie était courte car les kayaks étaient tellement non performants et lourds qu’on n’aurait pas été capable d’aller plus loin! Le soleil n’était pas au rendez-vous, ciel un peu gris mais au moins il ne pleuvait pas. Pas question de se baigner, l’eau n’est vraiment pas invitante… c’est quand même plaisant mais difficile sur nos petits trapèzes maintenant non entraînés. La croisière se poursuit doucement et on s’encre dans une autre baie ou nous avons droit à un très beau coucher de soleil. On soupe en continuant d’échanger sur les aventures passées. Ouff quelle journée! On riait bien et on pensait être sorti du trouble…

On a donc dormi bercé par le cliquetis des vagues et le brrr brrr du ventilateur. Au matin un soleil radieux nous éclairait. Comme prévu nous avons transférer de bateau juste après le petit déjeuner.

Sur notre nouveau bateau nous nous sommes confortablement installer sur le pont supérieur (le toit) où étaient alignées des chaises de plages. Nous nous sommes alors fait doré la couenne tout en observant les détails et la quantité de ses îlots de calcaire qui forment toutes les petites îles de la baie. Nous étions bien, tranquille et relaxe.
Vers environ 10h00 nous avons accosté sur l’île de Cat Ba, non pas à la ville de Cat Ba mais au port de Phu Long soit à 30 km de la ville. En débarquant, notre nouveau guide (celui du nouveau bateau) nous transfert maintenant à un autre guide ou plutôt chauffeur qui sera responsable de nous amener en ville. On marche donc sur le quai en direction de ce qui semble être l’arrêt d’autobus. Il y a quelques bus qui y sont arrêtés, un toit couvert et quelques vendeuses qui veulent absolument nous voir acheter quelque chose… En marchant on se dit parfait les autobus sont là, tout va bien. Cependant en s’approchant notre chauffeur nous dit que le nôtre n’est pas arrivé, mais que nous n’avons qu’à attendre 15 minutes et il sera là. Les autobus présents se remplissent des touristes et partent nous laissant comme des poireaux en train de cuire sous le toit couvert. Heureusement environ 6 autres personnes sont là comme nous. Au bout de 15 minutes aucun signe d’autobus ou autre moyen de transport. Le temps file et rien ne semble indiqué que nous allons prochainement bouger de là. On remarque que le dit chauffeur se tient à l’écart et parle au téléphone depuis plusieurs minutes. Mauvais signe… on ne pense vraiment pas qu’il discute de la pluie et du beau temps. On tente de lui poser des questions, mais pas vraiment de réponses. Ça fait maintenant plus d’une heure qu’on attend et toujours rien… L’attente à du se prolonger d’environ une autre heure avant qu’un autobus arrive et qu’on nous y fasse monter. Notre dit chauffeur nous indique alors un nouveau guide qui sera notre nouvelle personne ressource… Wow… depuis le matin on s’est fait délégué à plus de trois différentes personnes! Humm… rien qui n’inspire que le tout va bien… Heureusement on embarque et on se dit que 30 km c’est pas long et que la journée est encore jeune. On devrait avoir le temps de trouver le climbing shop.

À mi-chemin on arrive au parc national. On nous invite à y descendre. Plutôt on nous oblige à y descendre et à prendre avec nous tous nos baguages. Mais qu’est-ce que cela veut encore dire??? On ne veut pas visiter le parc national, on veut juste arriver en ville et s’organiser pour notre escalade. Notre guide nous dit que nous avons une quinzaine de minutes pour faire la visite. Comme on est déjà désabusé de la situation on décide de s’asseoir et d’attendre. Pour faire passer le temps JP et Martine sortent un petit jeu de société appelé Citadelle. Après plus de 5 parties, on se tanne et on met le tout de côté… Le quinze minutes c’est encore transformer en heures… Tout le monde est prêt à repartir mais il n’y a plus d’autobus pour nous transporter!!!! Grrr… Là on est tous en beau fusil! JH s’est même retiré pendant plus de 15 minutes pour méditer tranquillement et ainsi être beaucoup plus zen vis-à-vis cette ridicule situation. Après encore une fois prise de becs et discussions nous avons appris que le problème cette fois-ci était causé par un bris d’autobus… notre autobus était tombé en panne quelque part et là ils attendaient d’en trouver un autre disponible pour venir nous chercher!

Ça fait plus de 4 heures que nous avons mis pieds à terre… on n’avait qu’à parcourir un trajet de 30 km… Pas besoin de dire qu’on est exaspéré et complètement désabusé de la situation. Encore une fois on comprend bien que le pauvre guide pris avec nous n’est aucunement responsable de la situation et tente du mieux qu’il peut de faire avancer les choses.

Un autobus arrive finalement et nous amène à l’hôtel recommandé par notre agent de voyage de Hanoi. On lui avait pourtant bien dit qu’on ne voulait pas réserver. On s’était entendu pour se faire débarquer là car c’était là que nous aurions le contact pour réserver notre bateau de retour. Comme tout était vraiment très compliqué depuis notre départ de Hanoi la veille, nous avons décidé de prendre ces chambres malgré le coût à notre avis trop élevé. De cette façon on s’assurait d’être en contact avec les bonnes personnes pour le retour.

Il est présentement près de 15h00… on s’installe et on part à la recherche de Slo Ponny, le climbing shop à Cat Ba où on pense trouver l’aide afin de pouvoir grimper ici. On trouve le petit café dans lequel est le fameux Slo Ponny, malheureusement on nous dit que tous les employés sont partis et qu’ils reviendront en soirée après leur journée de deep water soloing. Pas de problème, ça va juste nous donner le temps de relaxer.

Jean-Hugues et moi-même retournons à l’hôtel alors que JP et Martine optent pour une petite sortie à la plage.

On se rejoint comme prévu vers 19h00 pour retourner chez Slo Ponny, mais malheureusement on nous apprend qu’on vient juste de manquer les employés… Bon pas super. On a trouvé alors sur leur comptoir un livre avec des messages laissés pour des clients. On en profite donc pour laisser un message avec notre intention de faire du deep water soloing avec eux dès le lendemain et que nous repasserons à l’ouverture.

Le lendemain matin 8h00 tapant nous sommes chez Slo Ponny (ils sont censés ouvrir à 8h00). Mais au lieu de trouver un employé, nous trouvons une note nous disant qu’il n’y aurait pas de deep water soloing car malheureusement la marée était basse toute la journée et qu’il n’y aurait aucune sortie avant 3 jours… Zut!!! Nos plans tombent à l’eau (petit jeu de mots ici faisant allusion au deep water soloing…)!!!

On se réorganise donc. Comme Martine et JP ont bien aimé la plage on décide d’y retourner pendant quelques heures. C’était vraiment très drôle de voir Martine tenté de maîtriser l’équilibre de la chaise de plage.

On en profite aussi pour faire le tour des 2 rues principales de la ville. On y trouve certains panneaux routiers assez contradictoires, des marchands de poissons, anguilles et toutes sortes de trucs peu ragoûtant à nos yeux. Encore une fois on tente en douce de prendre des photos des gens d’ici car on trouve la différence et les gens intéressants. Puis on se dit que ça pourrait être sympa de louer des motobykes et de faire le tour de l’île. Jean-Hugues et JP prennent alors contrôle de la situation et loue 2 petites mopettes à deux locaux sur la rue. Que dire de notre look motard incroyable!

On est donc parti à l’aventure en se suivant à la queue leuleu. Moins de 5 minutes après le départ on s’arrête pour mettre de l’essence (on pense en mettre assez dans les 2 motos…). Comme JP trouvait que son engin n’allait pas super bien et qu’il a beaucoup moins d’expérience de conduite, on fait l’échange et on se retrouver avec une moto de type El Taco sans freno… Étant conscient de la situation JH adapte son style de conduite pour être certain qu’on ira pas valser dans le décor.

On sillonne ainsi la route faisant le tour de l’île s’arrêtant à gauche et à droite pour prendre des photos du paysage ou ne s’arrêtant tout simplement pas mais prenant toujours des photos à gauche et à droite. C’est vraiment plus plaisant de se promener ainsi avec des amis et de se faire des grimaces à chaque fois qu’on arrive à se dépasser.

On s’était donné comme objectif d’aller visiter une grotte appelé Quan Y Grotto qui est une grotte vraiment bien différente de celle visité alors qu’on était sur le bateau. Cette grotte a été complètement creusée à bras d’homme lors de la guerre du Vietnam. Elle servait de cache pour les vietnamiens. Elle pouvait accueillir plus d’une centaine d’homme. Elle était divisée en diverses chambres, salles de bains, cuisine et même piscine. Les conditions de vie ont du être vraiment difficiles car il n’y avait pas de lumière naturelle, pas de bon système de ventilation, il y faisait vraiment très humide, mais au moins c’était un endroit qui restait assez frais. On sait que certains hommes on habité cette grotte pendant près de 3 ans… On a donc fait la visite avec un guide qui attendait ardemment que des touristes arrivent. Bien qu’au début on était retissant à son offre on a finalement été bien content car il nous a bien informé et bien dirigé.

À notre sortie on a vite réalisé que la météo était instable et menaçante. On est donc réembarqué sur nos montures métalliques direction Cat Ba Town par le chemin le plus rapide (environ 15 km… à 60 km/h). Plus on avançait plus il ventait et plus le ciel était gris… gris foncé! On n’est pas encore rendu et il commence à pleuvoir. Pas grave, il ne pleut pas très fort… au début du moins. L’intensité de la tempête (car on parle maintenant de tempête) augmente et la pluie nous fouette comme une douche à débit trop fort et on a de la difficulté à garder les yeux ouverts. L’eau s’accumule rapidement dans les rues, et même à 30 km/h c’est pas évident. On se rend à l’évidence il faut trouver un abri le temps que le tout se passe. Par chance on arrive devant une maison-restaurant-dépanneur qui a un genre d’auvent qui pourra nous protéger. On s’arrête, on a l’air de chats mouillés!!! La dame qui reste là est bien gentille et nous fait signe de venir s’abriter. Le vent prend dans un parasol qui s’envole dans la rue… JH et JP partent à sa rescousse au grand plaisir de la dame vietnamienne. Ne voulait abuser gratuitement de l’hospitalité de ses gens (car ici on voit bien qu’ils sont très pauvres) on leur achète quelques fruits que l’on déguste en attendant que dame nature se calme un peu. On a attendu une bonne demi-heure que le gros de la tempête passe puis on est reparti bien souriant de cette aventure.

On était un peu inquiet car l’indicateur à essence de la moto El Taco était dans le rouge depuis quelques kilomètres. Ces petites motos, ne consomment pas beaucoup, mais elles n’ont pas un réservoir de très grande capacité et on réalise qu’au moment de mettre l’essence on a peut-être été un peu cheap ne voulant pas donner de l’essence au proprio… Ce qui devait arriver arriva : notre moto s’est tranquillement arrêtée… Panne sèche!!! Comme on a une bonne étoile qui veille sur nous, nous avons manqué d’essence à 200 m de la station service (il faut comprendre que sur l’île il n’y a que deux stations services…) Seul désagrément c’est que la station service est à 200m en haut d’une côte… pas grave on pousse! C’était vraiment drôle de voir tout le monde nous regarder tout mouillé à pousser et d’avoir à traverser de nombreux trous d’eau. On rempli donc le réservoir à essence et la sans le vouloir on fait le plein… donc on donne à son proprio un réservoir tout plein! Et c’est ainsi qu’on est revenu à notre point de départ. On a bien rit d’avoir à faire sécher tout ce qu’on l’on avait sur nous, incluant l’argent… Heureusement les caméras on bien survécu à l’intempérie car j’avais cette fois-ci omis d’amener le dry-bag… Wow quelle sortie… elle restera bien mémorable celle là!

Le lendemain matin on est près à reprendre le bateau pour terminer notre croisière et retourner tranquillement vers Hanoi où nous allons prendre le bus en direction de Hué. On se lève et le ciel est encore gris et venteux. Sans surprise, l’autobus pour retourner au quai d’embarquement (près de 30 km) arrive avec une heure de retard. En arrivant là-bas on réalise qu’il y a quelque chose d’autre qui ne va pas. Tous les bateaux sont amarrés, tous les touristes sont à terre et la police limite l’entrée au quai. Comme on est très près de l’heure du départ notre guide nous incite à le suivre et à faire le tout bien vite. Il passe sans problème le barrage de police mais nous, nous sommes interpellés. Aucun touriste n’est autorisé à embarquer!!! Mais pourquoi? Qu’est-ce que c’est encore? Quand le guide réalise qu’on ne peut le suivre il commence à s’informer et revient nous voir nous expliquant que la police ne veut laisser aucun touriste prendre la mer car il y a un avertissement de tempête tropicale… humm on comprend alors l’épisode de la veille. Mais là on est mal pris… l’autobus de nuit ne nous attendra pas à Hanoi! Cette fois-ci notre guide est plus débrouillard et vif et nous fait tous rembarquer dans l’autobus… on retourne à l’hôtel. On doit avouer qu’à ce moment là on ne comprenait pas bien ce qui ce passait. En chemin il nous explique qu’il y a un autre moyen de retourner à Halong (la ville) : c’est de prendre un bateau qui passe par la rivière et non la mer. Le seul hic c’est qu’il ne peut payer le billet car ça ne fait pas parti de la croisière. Tant pis c’est bon pour nous. On envoi donc JH acheter les billets alors que l’on doit marchander notre dîner inclus… On est vraiment très peu patient et exaspéré de la situation.

On repart donc dans un autre autobus pour se rendre au quai des bateaux de rivières. Même si on a payé nos billets les places ne sont pas réservées et il y a foule car nous ne sommes pas les seuls à vouloir quitter l’île. En arrivant on va rapidement se mettre en ligne (avec tous nos gros sacs) et on espère embarquer dans le premier bateau. Nous sommes alors témoin d’une réalité vietnamienne : l’agent à l’entrée du quai choisi de faire passer seulement des vietnamiens… très peu de touristes on réussit à embarquer! On est tous bleus, mais notre guide nous rassure en nous disant que nous serons dans le prochain bateau et qu’ainsi nous auront des places à l’intérieur au sec. Ouff… heureusement qu’il avait raison. On réussit donc à entrer et à avoir des places assises (et je dois avouer que j’avais la main sur ma veste de sécurité) car ils ont rempli le bateau à beaucoup plus que pleine capacité. Un groupe de japonais était pris debout entre les bancs et plusieurs qui étaient dehors ont été mouillés jusqu’aux os! Mais heureusement après une heure nous sommes arrivés sains et sauf.

Prochaine étape de cette journée infernale : avoir une place dans un autobus pour retourner à Hanoi. On réussit à se faufiler (toujours avec notre guide) dans des mini-bus qui eux nous ont amené jusqu’à un gros autobus dans lequel nous avons pris place. C’était vraiment drôle car au début personne (on était avec d’autres touristes) n’osait sortir du mini-bus… une place si durement gagnée, on avait peur de la perdre! Le gros autobus pour touristes c’est alors transformé en bus local; il s’est mis à s’arrêté et à embarquer des vietnamiens jusqu’à ce qu’il soit à pleine capacité… De notre côté on voyait l’heure avancée et on était toujours craintif de perdre notre billet d’autobus (il coûtait quand même assez cher). Quand finalement on est arrivé au terminus on a rapidement décidé de prendre un taxi payant pour arriver plus rapidement à l’hôtel où nous devions récupérer nos billets de bus… Bon mouve… on est arrivé juste à temps, le temps de récupérer nos billets et on repart vers le Sleeper…

Il pleut à boire debout, c’est l’enfer! Arrivé à l’autobus il y a deux autobus : un sleeper et un bus assis. Pas question qu’ils nous fassent le coup du « il n’y a plus de place dans le sleeper, vous devez prendre le bus assis » On a payé pour un lit! On veut un lit! Jean-Hugues prend rapidement place à bord et s’assure qu’on a des places. Les dirigeants font alors sortir deux touristes (qui ont pense et souhaite n’avaient pas de billet pour une couchette) et nous font entrer. On a tous une place, mais j’écope de la dernière : au fond de l’autobus couché entre deux couples dont l’un qui a un bébé. Peut-importe, même si j’ai mal dormi on est tous là ensemble bien que mouillés et affamés!
C’est ainsi qu’on réussit à quitter le nord du Vietnam qui a été pour nous toute une aventure. On a bien réalisé que cette région était plus difficile pour le tourisme. En plus, la météo a joué contre nous à ce moment là. Nous avons été cependant très très chanceux car la fameuse tempête tropicale était un cyclone qui s’appelait Kummuri. Ce cyclone, qui a fait les manchettes, a durement touché le nord-est du Vietnam. On rapporte une centaine de victimes dans la région de Lao Cai, près de Sapa où nous étions une semaine plus tôt. De nombreuses inondations et glissements de terrains ont limité les transports routiers et ferroviaires. De notre côté à Cat Ba, nous pensons que si nous n’avions pas pris le bateau, nous serions restés pris là pendant quelques jours. Bref, on s’en est extrêmement bien sorti vu la situation!

3 ET 4 AOÛT 2008: Hanoi avec Jean-Philippe et Martine



Matin du 3 août…. On est vraiment excité car c’est enfin aujourd’hui que nos bons amis Jean-Philippe (dit JP) et Martine (dit Martineski) vont venir nous rejoindre pour partager 3 semaines d’aventures asiatiques avec nous. Ça fait du bien de savoir qu’ils s’en viennent car ils sont un peut comme de la famille. Après notre dernier mois riche en émotions; maladie de Jean-Hugues, transport éprouvant, difficulté de communication à cause de la langue, on est vraiment motivé par l’idée d’avoir des amis avec nous.

Comme Jean-Hugues était un peu malade (grippé) depuis Sapa, je l’ai laissé se reposer et je suis allée à notre ancien hôtel (qui n’étais qu’à un coin de rue) attendre JP et Martine. Heureusement, ils étaient arrivés deux jours plus tôt à Ho Chi Minh-Ville, ils avaient donc pu décompressé un peu du très long vol d’avion qui relie Montréal au Vietnam. Ils n’avaient qu’un petit vol local Air Asia à prendre pour arriver à l’ancien Saigon (du genre Montréal/Toronto). C’est donc aux alentours de 11h45 que je vois arriver deux copains souriants et émus de nous retrouver! Wow on ne s’était pas rendu compte que ça faisait déjà près de huit mois qu’on était parti.

On espérait fortement qu’ils étaient en forme, car on avait concocté un itinéraire pour les trois prochaines semaines du calibre de l’émission Amazing Race. Il ne nous restait qu’à avoir des indices cachés à retrouver, un caméraman qui nous suit et on s’y croirait.

Pour commencer l’aventure on avait besoin d’organiser notre première étape : Baie d’Along. Puisqu’on avait expérimenté le voyagement au Vietnam, on voulait avoir la paix d’esprit et ne pas avoir à se battre pour des prix, du service… on s’est donc dit qu’il serait beaucoup plus simple de bouquer un genre de petite croisière tout inclus (transport, bateau, bouffe) pour les 4 prochains jours. On se dit même, on va payer un peu plus pour être certain d’avoir de la bonne qualité (comme on s’était fait conseiller par plusieurs amis voyageurs). De cette façon on ne perdrait pas de temps pour les choses plates, mais on allait profiter à fond de l’expérience… Du moins c’est ce que l’on pensait et souhaitait!

On a donc passer la journée à se promener dans Hanoi, à visiter les coins touristiques, à montrer le lac Hoan Kiem à nos amis nouvellement arrivés. On a bien rit alors que JP et JH se sont fait interpeller par une jolie petites vietnamienne…

Une légende entoure le lac Hoan Kiem qui s’appelle en fait le lac de l’Épée. Il y aurait une tortue géante qui habiterait le lac et ferait surface en de rares occasion. Ceux qui la voit aurait alors de la chance. Cette tortue serait la descendante de la tortue d’or de Le Loi… une belle histoire qu’on a vu au théâtre des marionnettes.

On a choisi le package Deluxe… qui va nous permettre de s’arrêter quelques jours sur l’île de Cat Ba où nous pourrons faire de l’escalade et ensuite revenir facilement à Hanoi où nous prendrons un bus de nuit (de type sleepers c’est-à-dire qu’on a une couchette confortable) pour arriver au petit matin à Hué.

On a tellement à se raconter qu’on ne sait pas trop par où commencer. On est tous avide d’aventures et de découvertes. Voulant faire découvrir la bouffe vietnamienne on choisit un petit resto typique qui finalement c’est avéré le pire resto qu’on avait essayé jusqu’à maintenant… pas grave on rit bien de la difficulté qu’on a à se faire comprendre.
On finit notre première journée de retrouvailles à bien rire en voyant nos relevés de guichet automatique qui montrent des montants faramineux pour à peine quelques centaines de dollars!

Wow, quel bonheur de les avoirs avec nous…. Et c’est pour 3 semaines!

vendredi 6 février 2009

28 JUILLET AU 2 AOÛT 2008 - La région ethnique de Sapa

Nous sommes donc arrivé au petit matin dans la ville de Lao Cai. On débarque du train et il doit être environ 6h00 du matin. Le soleil se lève dans la région brumeuse, mais déjà il y a beaucoup d’activités sur le quai du train. En plus de nos colocataires vietnamiens, nous avions fait connaissance avec un autre couple de voyageurs avec lesquels nous avions convenu de faire le transport jusqu’à Sapa. En étant quatre, on s’était dit qu’il serait plus facile de dealer le transport…

On a à peine mis pieds au sol que déjà on se fait harceler par des chauffeurs. Tout en marchand Jean-Hugues commence à marchander avec celui qui nous a littéralement sauter dessus. Nous avons alors été témoin d’une drôle de tactique pour nous arnaquer… alors qu’ils (le chauffeur et son acolyte) discutent avec nous, ils s’organisent pour cacher les pancartes de d’autres compagnie offrant de meilleurs prix. Malheureusement pour eux, nous étions 4 à regarder un peu partout et le dit cacheur de pancartes s’est placé quelques secondes trop tard devant le bon deal… Quand on a vu ça on a bien rit et on lui a suggéré de trouver de nouveaux clients, nous préférions de loin donner du travail à ceux qui offrent un service honnête (enfin le plus honnête car au Vietnam le signe $$$ est collé aux visiteurs… et ils sont très avares à nous appauvrir sans regret). Nous nous sommes ainsi rendu sans embûche à Sapa.

Notre autobus était affilié avec un hôtel, c’était ça la crosse du bon deal… on s’est donc fait débarqué au Darling Hotel sans obligation d’y rester. On trouvait quand même l’endroit sympa, avec possibilité de louer une mobylette bon marché et surtout une superbe vue de la vallée. On s’y est donc établi pour les 3 prochains jours.

Comme il faisait beau, et surtout qu’ils n’annonçaient pas de pluie pour la journée, nous avons donc décidé de louer la mobylette pour 2 jours et partir en expédition. On voulait se faire un petit circuit dans les vallées environnantes et se rendre en 2 jours jusqu’à Dien Bien Phu. Cependant après seulement 1hre de route nous avons changé les plans… la route poussiéreuse en construction, le banc tape-cul de la mobylette et les tensions causées par le sac à dos sur les trapèzes de Karine ont eu raison de nous faire choisir un plus petit itinéraire. On a donc révisé le tout pour une seule journée de mobylette avec destination finale Lai Chau une ville en développement de loin moins charmante que Sapa.

Notre premier arrêt a été la cascade d’argent ou Thac Bac. Une belle longue chute de près de 100m ou tout le monde s’arrête pour prendre une belle photo. On était bien content de rencontrer un couple de voyageur québécois qui ont eu la gentillesse de nous prendre en photo.

Sur la route on passe le col de Tram Ton d’où nous avons été bien content de voir le mont Fansipan, point culminant des alpes tonkinoises. Il surplombe la région avec ses 3143m de dénivelé. On peut le monter en environ 3-4 jours, mais malheureusement nous n’avions pas le temps requis… Martine et Jean-Philippe allaient bientôt nous rejoindre à Hanoi, il n’était donc pas question de retarder notre retour.
Les alpes tonkinoises donnent aussi de bonnes sensations pour la passagère méfiante de la petite motobyke… combien de fois Jean-Hugues m’a répété de « pencher » la « moto » avec lui dans les courbes… le seul problème dans mon esprit, c’est qu’on est pas sur une moto et que cette petit mobylette n’est pas du tout conçue pour donner les sensations fortes d’une vraie moto… mais à la fin j’étais beaucoup plus confiante car le chauffeur était excellent. On a donc sillonner la région et on s’est de nombreuses fois arrêté pour prendre des rizières, des montagnes, des fleurs, des rivières en photo.

À mi-chemin soit environ à Lao Chau nous avons décider d’arrêter pour casser la croûte, mais aussi pour reposer nos postérieurs déjà endoloris. À notre grande surprise on a trouvé très difficile de dénicher un restaurant pour manger. Comme tout est écrit en vietnamien il est très difficile de savoir à quel genre d’établissement on fait affaire. De plus, cette ville n’est pas du tout touristique comme Sapa, il n’y a pas de restos à tous les coins de la rue. On repasse donc près de deux fois la rue principale peu achalandée, on s’arrête à quelques endroits, on fait des mimes pour désigner que nous voulons manger et finalement on trouve le seul restaurant ouvert. Évidemment il n’y a pas de menu ni en anglais, ni en français… on pointe donc au chef qu’est-ce qu’on veut… pas facile de choisir car les rognons c’est pas notre fort, et il y a plein de choses que l’on ne connaît même pas! On finit par choisir et c’était très copieux… on se demandait bien à quel prix tout ça allait ressortir… On s’en sort un peu plus cher que l’on aurait voulu, mais comme l’hospitalité du proprio a été très généreuse et les assiettes bien remplies on ne s’en formalise pas trop.
On rentre à Sapa en fin d’après midi où nous avons une superbe vue de notre balcon. On en profite pour relaxer, prendre une bonne douche et trouver un bon resto en ville.

Pour notre deuxième journée on décide de rester dans la ville de Sapa. On se lève très tôt pour voir le lever du soleil et surtout voir la brume se lever sur les montagnes. On marche dans les rue de la ville. On y voit plusieurs ethnies qui veulent à tout prix nous vendre des souvenirs. J’ai le malheur de prendre une photo d’une femme (j’étais loin de l’autre côté de la rue) et elle me voit et me fait signe de lui acheter quelque chose… Un peu plus tard elle me rattrape en me demande encore… Je me sens bien trop mal de la situation et je lui achète une petite décoration. Mais ce n’est qu’à la fin de la journée qu’en repassant devant ce coin de rue que je réalise que j’ai confondue deux dames et que je n’ai pas acheté à celle que je pensais!

On découvre des petits marchés. Jean-Hugues achète de l’alcool de riz et du vin de prune. C’est vraiment du marché très local car ce sont des bouteilles d’eau réutilisé en bouteille d’alcool… Cependant c’est tellement fort qu’il n’y a aucun risque pour qu’une bactérie puisse y survivre.

On part ensuite dans un parc qui va nous permettre d’aller jusqu’à la tour de radio de Sapa. Ce n’est pas la tour qui nous intéresse mais bien le point de vu que nous aurons de celle-ci. En plus c’est un genre de jardin botanique avec de belles fleurs et aussi de beaux boulders!!! Malheureusement ça ne fait que titiller notre désir ardent de grimper car on a pas nos varappes et c’est pas tellement fait pour la grimpe…

Dans ce parc on a le bonheur de faire la rencontre de deux jeunes québécois eux aussi en voyage : Karine et Philippe Fauché (ils ne sont pas mariés, mais ont le même nom de famille…) Très sympathiques on s’organise un petit souper suivi d’un copieux dessert à la pâtisserie française Baguette et Chocolat. On termine le tout sur le toit de notre hôtel avec l’alcool de riz à Jean-Hugues en regardant les étoiles. Une belle soirée à échanger sur nos différentes aventures de voyage. On était entre autre bien content d’apprendre que nous avions bien choisi notre temps à Sapa, car ça faisait déjà 1 semaines qu’ils étaient là et que seulement depuis deux jours il faisait beau (malgré qu’on s’est fait prendre par une averse dans la journée). On est tout de même en pleine saison des pluies…

Pour notre troisième journée suivant les appréciations de Karine et Philippe nous avons pris un petit tour guidé pour aller visiter les villages ethniques au fond de la vallée. Les amis nous avaient bien avisé que le seul aspect désagréable de cette visite est l’insistance des femmes et des enfants pour nous vendre n’importe quoi. Au début c’est drôle, mais à la fin c’est très agaçant! Leur principale tactique est de nous parler et de défiler leur liste de 15 questions (ton nom, ton âge, de quel pays tu viens…) d’ainsi créer un lien et quand on arrive dans leur village elles nous supplient de leur acheter quelque chose puisqu’elle nous ont parlé et on partagé la route avec nous pendant 15 minutes… Je me suis évidemment fait prendre par 3 femmes de la tribut Black Hmong et 2 des Red Zia… Jean-Hugues quand à lui n’a même pas été harceler par une seule personne, son aura devant donner des messages très clairs quant à ses intentions!

Bien que je savais le but de leur agissement j’étais bien contente de pouvoir les prendre en photo et aussi d’apprendre sur le mode de vie. De cette façon j’avais moins le sentiment de me faire avoir… Cependant à un certain point j’ai du adopté la tactique de Jean-Hugues et je ne leur parlais plus du tout…

Nous avons ainsi marché près de 3 heures d’un village à l’autre. C’était très beau. Nous étions au fond de la vallée et on voyait autour de nous un lourd couvert nuageux, mais heureusement aucune avers.

Au souper nous avons rejoint Karine et Philippe pour une autre agréable soirée. Nos chemins allaient déjà se séparer car dès le lendemain nous reprenions le train pour revenir à Hanoi. Nous espérions cependant nous revoir car bien que chacun de notre côté nous rejoignions des amis nous avions des itinéraires similaires pour les semaines à venir.

Une autre page des aventures mémorables de transport allait s’écrire. À l’aller nous avions pris un train touristique de nuit… plein prix (environ 25$ US) pour un 10 heures de confort, d’air climatisé et de sommeil… pour le retour Jean-Hugues (car il voulait vraiment l’essayer…) m’a convaincu qu’un train de jour nous permettrait de bien voir le paysage et de payer moins cher car c’est un train pour les locaux… soit 2.50$ US pour un hard seat non-climatisé pendant 12 heures…

Déjà à notre arrivée à la gare on se rend compte que c’est vraiment pas la même catégorie de transport. On est entassé dans la gare en attente du train. Quand il arrive on se fait bousculer pour prendre place à bord. Sans trop comprendre on se fait installer dans une cabine, mais on ne se couche pas sur les lits on s’y assoit. Point positif il y a l’air climatisé et nous ne sommes que 6… Cependant après une heures de train l’air climatisée devient très intermittente. Le 6 passagers quant à lui se transforment en 11 passagers au fur et à mesure qu’on arrête aux différentes stations. On est 4 par banquettes, soit 8 assis, puis il y a 3 personnes couchés sur les couchettes au-dessus de nos têtes. On a du parlé très fort pour ne pas avoir la couchette baissée au-dessus de la tête à JH… comme il n’a pas du tou le format vietnamien il avait le cou cassé dans cette position. En plus comble de malchance Jean-Hugues commençait une grippe d’homme… Par dessus tout cela la vue n’a été belle que durant une heure… suite à cela les tranchées du train nous cachaient le paysage!!! Bref ça a été l’enfer…

Quand on est finalement arrivé à Hanoi nous étions épuisé et affamé (il n’y avait pas beaucoup de nourriture à bord et nous avions épuisé toutes nos collations). On prend donc un taxi pour retourner à l’hôtel où nous avions réservé une chambre et laisser nos baguages en consigne. Heureusement les baguages sont toujours là, mais ils n’ont plus de chambres pour nous!!! Et c’était là que Martine et JP doivent nous rejoindre le lendemain matin… On se fait envoyer à l’Hôtel de leurs amis ou beau-frère (c’est souvent une histoire de famille) où on a une chambre correct à bon prix. On a appris à être plus relax, on soupe puis on se couche content que cette longue journée soit terminée.

On est aussi bien excité car nos bons amis arrivent le lendemain… une chose est certaine cependant : au Vietnam on ne prend plus de transports locaux, on paye plus cher mais on est plus confortable….

vendredi 24 octobre 2008

27 JUILLET AU 14 AOÛT 2008 -Vers le nord du Vietnam

Au fil de notre voyage en Asie, nous avons rencontré pleins de gens qui nous avait mentionné que le nord du Vietnam était une région très belle pour ses paysages, sa nature, mais que le contact avec les gens était difficile et que ce n’était pas facile de voyager dans cette région. Le mot d’ordre passé par nos amis était « Dans le nord du Vietnam il faut passé par des agences, s’organiser tout seul relève de l’exploit olympique et entraine beaucoup de frustrations. » Évidemment nous les avons écouter, mais nous n’allions quand même pas nous empêcher d’aller visiter ses splendeurs pour quelques personnes qui ont eu des mésaventures… Nous étions cependant très loin de se douter que les mésaventures feraient alors partie de notre quotidien….

Le tout a débuter par la traversée entre Vientianne (Laos) et Hanoi (Vietnam). Nous avions choisi de faire le trajet en bus pour être plus dans notre budget (bus = 8X moins cher que l’avion). On savait que la traversée serait une épreuve car on avait vécu les transports au Laos, et le trajet prévu durerait près de 24 heures. On a alors mis le paquet et choisi un bus VIP… hi!hi!hi Le VIP voulait seulement dire avec air climatisé (donc pas de toilette, pas de TV, pas beaucoup d’espace entre les bancs, mais au moins nos sacs ne sont pas sur le toit du bus!).

Ayant appris de nos expériences précédentes sur le remplissage des bus au Laos, nous sommes donc arrivés 2 heures avant l’heure de départ pour pouvoir choisir nos places. On a alors fait face à notre premier contact avec ce système Vietnamien à deux vitesses : la vitesse pour les Vietnamiens et celle pour les étrangers. En arrivant un jeune arrogant (qui était Vietnamien), nous bouscule à porter nos sacs sous l’autobus, puis nous bouscule à entrer dans le bus. Ne parlant pratiquement pas anglais il nous prend par le bras et nous tire jusqu’à l’arrière complètement de l’autobus. Jean-Hugues réplique rapidement et refuse catégoriquement (heureusement) de s’asseoir au dernier rang à cinq bancs. L’autobus est complètement vide… pourquoi ne pourrait-on pas avoir une place vers l’avant??? A force de caractère il réussit à nous faire asseoir au troisième banc, à partir de l’arrière... On ne comprend pas vraiment pourquoi, mais ils ont forcé tout les voyageurs étrangers à s’asseoir à l’arrière et tout les Vietnamiens sont assis à l’avant. En plus de se voir assigner un siège, ils ont mis des boîtes sous tous les bancs, se qui signifie que nos grandes jambes de blancs becs canadiens ne pourront jamais se déplier… Grrrr on se sent déjà aggressé, aggressant… Le seul point positif à cette situation, c’est qu’on fait la rencontre d’autres voyageurs bien sympathiques, on n’est donc une dizaine ensemble pour traverser cette épreuve.

Après 2 heures d’attente le bus est plein, les Vietnamiens à l’avant, les étrangers forcés à l’arrière. On part à 7h30 pm. La route est plus belle qu’entre Luang Nam Tha et Luang Prabang et l’autobus roule à bonne vitesse, négociant bien les nombreuses courbes et à mesure que la nuit tombe prend possession des deux voies de la route. Après quelques heures on fait un premier pipi stop et souper stop. Un truc stop à la Loas, des toilettes asiatiques (un trou) qui puent l’urine et un petit resto où on peut manger la traditionnelle noodle soup. On repart pour un autre strech. Après 2 heures, un autre pipi stop. Cette fois-ci sur le bord du chemin. Les hommes s’alignent au bord du chemin, alors que les femmes ont tente de trouver un peu d’intimité, mais sans trop de succès. Heureusement il fait nuit. On reprend la route sillonneuse. Jean-Hugues arrive à dormir, alors que je somnole, mais ne trouve pas de vrai sommeil. Vers 2h00 am, on s’arrête complètement. On ne sait pas trop ce qui se passe, mais on réalise trop tard qu’on est arrêté dans un hotel jusqu’à 6h00 am. On a alors compris une des raisons pourquoi ils ont assis les Vietnamiens à l’avant… ils ont pu sortir rapidement de l’autobus et se louer une chambre pour dormir. Quand on a compris qu’on ne repartait pas avant 6h00, il était trop tard, toutes les chambres étaient prises. Tant pis, on voulait faire ça économe… Le problème est que lorsque l’autobus est arrêté, l’air climatisé aussi est arrêté. En très peu de temps l’autobus était un four où l’air était suffoquant. Jean-Hugues que je surnomerais l’ours hibernateur, à réussi à dormir dans ces conditions. Pour ma part s’était impossible. Je me suis donc ramasser à l’extérieur, sur une petite table en ciment à lire et à me faire observer et prendre mon livre par les monsieurs vietnamiens qui eux aussi ne dormaient pas. L’autre désagrément de ce stop, c’est qu’ils stationnent 2 autobus pleins dans un endroit sans toilette… c’est quoi… ils n’ont jamais envie??? La nuit fut longue, mais à 6h00 on repart.

Après moins d’une heure de route on arrive au poste frontalier. Première étape sortir du Laos. Vous auriez du voir ça, tout les vietnamiens (car finalement il n’y avait pas de Laotiens dans l’autobus) se bousculent et nous bousculent pour être les prochains à donner leur passeport. Les systèmes de file indienne ne font pas partie de leur culture. Ils entrent complètement dans nos bulles et ne se gênent pas pour nous dépasser. Peu importe on sait que lorsqu’ils auront fini, on pourra alors passé plus calmement. Évidemment on se fait demander des supposés frais par les douaniers… mais personne n’est en position pour répliquer et ce n’est qu’un dollars...

On doit ensuite marcher pour se rendre à la douane du Vietnam. À l’intérieur le même scénario se répète, 1$ pour avoir tel formulaire, un autre pour ravoir notre passeport… bref on se demande bien où va cet argent. Tout le monde passe la douane, mais on doit alors attendre l’autobus. C’est long… près de 2 heures à attendre avant de voir l’autobus traverser. Ils fouillent tout. On doit donc récupérer nos gros sacs et les passer au rayon X. Finalement on entre dans le bus et là on a compris une autre raison pour laquelle on était tous assis à l’arrière. Les sacs laissés ont été fouillés (heureusement on avait tous nos précieux, dont l’ordinateur avec nous). Une anglaise réalise alors qu’il lui manque son lecteur DVD. Elle se met donc à chercher et le retrouve dernière le banc du chauffeur! Facile de mettre tous les touristes ensemble pour savoir où sont leurs choses… Évidemment l’anglaise s’en ait voulu de ne pas l’avoir amener avec elle, et nous avons été bien content d’avoir tout amener. Il faut savoir qu’en quittant l’autobus on pensait qu’on allait y retourner plus rapidement.

Nous avons donc finalement repris la route. Les paysages changent quelque peu. Les montagnes cèdent place aux plaines de rizières. Les maisons sont très différentes et caractéristiques du Vietnam. Elles sont toutes faites en hauteur. Une belle devanture, de 3 à 5 étages, mais de la largeur d’une seule pièce. Il n’y a aucune, ou de toutes petites, fenêtres sur les côtés. Le tout en béton, avec des inscriptions datant de 2005, 2007… démontrant un Vietnam en construction et en expansion. Notre autobus VIP s’est alors transformé en autobus local, c’est-à-dire en autobus qui s’arrête partout pour embarquer et faire descendre des gens. En plus de ses nombreux arrêts nous avons aussi été pris dans un bouchon de circulation causé par une mauvaise gestion de zones de constructions. Notre chauffeurs se transforme graduellement en fou au volant et zigzag partout, klaxonne comme s’il jouait du tam tam, il ne semble avoir aucune crainte et passe partout. C’est assez épeurant, le seul réconfort c’est la ceinture de sécurité.

En route on peut lire dans le Lonely Planet la section historique sur le Vietnam. Un bien petit pays qui depuis tous les temps vit la guerre pour ne pas se faire envahir. Le Chinois, les Français, puis les Américains. Un pays divisé en deux : le nord communiste et le sud démocratique. Aujourd’hui il tente d’être unifier, mais les cicatrices sont profondes. Un homme, Ho Chi Min (oncle Ho) est sur tout les billets et est à l’origine du nord communiste. En lisant toutes ces informations on veut alors être plus concilient envers se peuple qui ouvre nouvellement ses portes au monde. On se rend bien compte qu’ils ont une histoire et une culture qui leur est propre et probablement que leurs coutumes nous sont vraiment étrangères. Nous arrivons finalement à bon port il est 20h30. Nous avons fait 25 heures de bus et nous avons survécu!!! On se fait organiser un transport jusqu’à un hotel dans les vieux cartiers d’Hanoi. Est-ce que le 1,5$ pour le trajet est trop cher (car on est 10 dans le mini-van) peu importe, on est affamé, fatigué et on ne rêve que de changer de sous-vêtement et de brosser nos dents.

On s’installe donc et on part à la découvert d’Hanoi. Marché de nuit, petits restaurants où on goutte à nos premiers rouleaux du printemps si typique du pays. On peu enfin décompressé, on est rendu à bon port et on a un toit sur notre tête.

Dès le lendemain on part à la recherche de l’ambassade de la Thaïlande pour avoir un nouveau visa (en prévision de notre retour à Bangkok) Ça nous permet de marcher dans les rues de la ville. C’est vraiment particulier de voir comment les commerçants se regroupe dans les rues pour vendre les mêmes produits. Ainsi il y a la rue des matelas, la rue des sandales, la rues des robes en soie, la rue des faire-parts. Les rues sont très animées, il y a des motocyclettes partout et la signalisation est presque inexistante. Le klaxon est probablement la pièce la plus importante sur leur engin. Le bruit est aggressant et ce n’est pas facile de trouver de la tranquillité. La vieille ville est quand même très intéressante son lac en plein centre la rend charmante. La citadelle avec ses trous formés par des boulets rappelle que c’est une ville qui a vu beaucoup de sang coulé. On va au petit restaurant local, et on expérimente encore une fois la deuxième vitesse du vietnam, on doit payé 2X le prix… On magasine les agences car on veut trouver quelqu’un qui nous permettrait d’aller visiter Sapa (dans le nord ouest) en moto. On réalise bien vite que notre trajet de rêve est non réalisable dans le laps de temps que l’on dispose. Tant pis, on ira en train et on s’organisera sur place.
Le lendemain on va visiter le musé de la guerre. Il est difficile de ne pas y aller puisque le mot guerre colle au Vietnam. C’est intéressant de voir le point de vue des viet congs. On y voit toutes sorte de choses allant de débris d’avions américains, à des tanks russes, des torpilles et des obus. Des photos, des textes des commandants français… bref un bon retour sur la deuxième guerre mondiale et sur la guerre du Vietnam. Suite à cela il est intéressant de chercher un peu partout les cicatrices, les artéfacts de la guerre.

Nous avons ensuite récupérer nos passeports et on est allé voir un spectacle de marionnettes sur l’eau. Un petit spectacle bien sympathique très typique de la région avec orchestre live. Le spectacle démontre des scènes de la vie courante asiatique avec des marionnettes qui rappellent les sentinelles de l’air. On est ensuite sauté dans un taxi pour se rendre à la gare afin de prendre un train de nuit en direction de Sapa.

Le train était parfait! Une cabine avec 4 couchettes climatisées et des lits « soft sleepers ». On partageait notre cabine avec un couple de vietnamiens en visite dans le nord. On était assez surpris car ce train est le train pour touristes et on paie vraiment le gros prix pour être confortable. Cette fois-ci j’ai moi aussi réussi à dormir et sans embûches nous sommes arrivés à Sapa.

21 JUILLET AU 24 JUILLET 2008 -Direction Laos - Vang Vien

Cette fois-ci nous avons quitté Luang Prabang dans un minibus réservé pour les touristes. On pensait ainsi avoir un transport plus confortable… on était tous entassé et ce n’était guerre mieux que l’autobus local! Heureusement l’état de la route s’améliorait au fur et à mesure que l’on descendait au sud ce qui aidait grandement notre vitesse de croisière. Nous sommes tranquillement sortis des régions très montagneuses pour être dans des vallées et avons ainsi rejoint notre prochaine destination. À nos yeux Vang Vien était le Queenstown du Laos; la ville touristique par excellence des jeunes et amant d’activités plus adrénaline.
Dans cette petite ville tout tourne autour des touristes. En effet il était très facile d’organisé une sortie de kayak, des randonnées, des cours d’escalades et du tubing. Le tubing est l’activité la plus reconnue de Vang Vien. Il s’agit de se laisser descendre quelques kilomètres dans une trippe sur le courant du Mékong. Tout en descendant il est possible d’arrêter, grâce à l’aide de jeunes locaux qui tendent des perches, à des bars improvisés tout au long du trajet. Ainsi les participants s’alcoolisent tranquillement en se laissant flotter et arrive à Vang Vien vers 17h00 complètement saouls! Plusieurs semblent tellement aimés l’expérience qu’ils recommencent le lendemain. Voyant l’état des participants à leur arrivée, la crue du Mékong causé par les pluies diluviennes des derniers jours et le manque de sécurité de l’activité nous avons convenu que ce n’était pas pour nous!

On a plutôt opté pour quelque chose qui nous branche plus : l’escalade. Comme nous avions tout notre équipement et pas besoin de guide, on a réussi à se faire expliquer comment se rendre aux parois. Même s’il pleuvait beaucoup les parois étaient à l’abris de la pluie. On est donc partis avec un petit lunch fait par la local lady, tout notre équipement et nos manteaux de pluie.

On a marché près d’une heure dans la pluie. On a traversé une très longue rizière les pieds dans la bouette. On a traversé une petite rivière et heureusement on s’est fait montré l’entrée du sentier par un local. Nous sommes finalement arrivés à ces parois de calcaire et comme prévu elles étaient sèches.

Dans ce site (le seul parmi une dizaine qui reste sec en saison des pluies) il y avait environ une dizaine de voies allant de facile à difficile. Parfait pour nous qui avions quelques jours seulement à Vang Vien. Déjà avec la voie de réchauffement nous avons eu le plaisir de regarder au loin et d’avoir un paysage asiatique; plein de rizières, le Mékong et Vang Vien. C’était très beau et paisible. Mis à part un petit groupe de 3 avec leur instructeur nous étions seuls à cet endroit nous étions seuls.

Nous avons eu beaucoup de plaisir à grimper, mais les conditions n’étaient pas les meilleures. Il faisait très chaud et humide et la marche d’approche assez longue. Disons que ce n’était pas à la hauteur de Tonsai, mais c’était bien plaisant de pratiquer notre sport. De plus nous n’étions pas dans la bonne saison; il a plus a tous les jours et toutes les nuits… En saison sèche vers décembre/janvier il semblerait qu’il est possible de grimper dans plusieurs autres beaux secteurs. Malgré cela, on ne recommanderait pas à quelqu’un de partir du Canada pour venir exclusivement grimper ici, on dirait plutôt de faire le petit détour si quelqu’un est déjà dans le coin.

Ainsi nous avons profité de Vang Vien. Nous avons marché dans la ville (2 rues principales) et essayer plusieurs petits restaurants sur la rive du Mékong. La vue était géniale. L’endroit en soi était très agréable et nous avons aimé notre petit séjour.

Jean-Hugues à même pu se départir de sa fameuse coupe de cheveux thaïlandaise; coupe de cheveux vraiment drôle et manquée qu’il avait depuis Ko Tao soit 1 mois plus tôt. Encore une fois l’aventure coupe de cheveux a été très drôle… Nous avions mangé dans un beau petit resto où la serveuse ne cadrait pas du tout avec l’environnement. Une belle grande femme bien coiffée, habillée en mini-jupe et en chemisier cintré avec une voie légèrement grave de très grandes mains, de grands pieds et une attitude un peu maniérée… Finalement cette serveuse un peu mal-habile était en fait la coiffeuse du salon juste à côté. Après notre repas nous avions encore un doute à savoir si cette femme avait des airs de travesti où si ce travesti était une femme très réussie! Ainsi nous avons passé pendant 2 jours devant son salon de coiffure et voyant avec quelle attention elle prenait soins de sa coiffure et aussi de celle de son assistant (tout aussi maniéré) nous avons convenu qu’elle pourrait sûrement sauvé la tête de Jean-Hugues. Pendant près de 20 minutes elle lui a coupé les cheveux, s’arrêtant de temps en temps la hanche sur le côté pour regarder quelles couettes elle devrait passées sous le ciseau. Après l’étape de la coupe elle a demandé à JH de la suivre dans l’arrière chambre, elle m’a fait signe qu’elle me l’empruntait pour quelques minutes… J’ai tellement ri de voir la face de Jean-Hugues incertain de ce qui ce passait!!! Après 5 minutes il est revenu tout relaxe alors qu’elle lui avait fait un massage du cuir chevelu. Un peu de gel et la coupe est beaucoup plus belle que la précédente (pas de tour d’oreille et de nuque au clipper… hi!hi!hi!) On paie et s’apprête à partire et c’est là qu’elle dit à Jean-Hugues avec un petit sourire en coin : « You can come back tomorow if you want ». Je n’en pouvais plus tellement c’était drôle, elle le draguait gentiment et sans offense devant moi... Nous avons donc convenu que ce travesti était une femme très réussie!

Après quelques jours nous sommes repartis sur la route cette fois en direction de Vientiane, capitale du Laos. En arrivant en ville, on s’est fait avoir comme des débutants par un chauffeur de tuktuk. Voici l’histoire : quand on prend le bus dans des pays d’Asie on ne sait jamais vraiment dans quel terminus on va aboutir. En effet, bien que nous ayons un Lonely Planet, il y a souvent plusieurs terminus et il est difficile sur place de savoir où nous sommes rendu puisqu’on ne connaît pas la ville et qu’on ne parle pas la langue. En arrivant à Vientiane, nous croyions que le terminus était à près de 15km du centre-ville où sont tous les hôtels. En débarquant on se fait rapidement approcher par un chauffeur. On lui demande s’il sait où est notre hôtel (que nous avions choisi dans le Lonely Planet). Il nous dit que oui. On lui demande combien pour le trajet. Il nous dit 25 000$ laotien (l’argent au Laos ne vaut rien…). Pour 15km c’est un bon prix… on embarque. On est alors surpris qu’il ne prenne pas d’autres passagers pour rentabiliser son trajet. On tourne une première fois à droite, une deuxième fois droite… puis une troisième fois à droite le tout à l’intérieur de 500m. On comprend alors qu’on tourne en rond, et là je revois un bâtiment à côté de notre point de départ. On arrive rapidement devant l’hôtel. On était à près de 5 minutes à pied du point de départ! On est vraiment perdu et choqué. Je paie quand même, juste parce que le Lonely Planet dit de toujours payé le prix convenu.... On se rend bien compte que le chauffeur qui s’est payé notre gueule nous rit en pleine face alors qu’il parle avec le gérant de l’hôtel. JH lui dit franchement qu’il est malhonnête, qu’il aurait du nous dire que c’était si proche, que ça ne valait pas du tout le prix, mais on sait tout deux que c’est peine perdu. Quels poissons nous avons été! Morale de l’histoire : ne jamais prendre le premier chauffeur qui nous tombe dessus, les plus vites sont les plus malhonnêtes!

Vientiane était pour nous un cours arrêt de 24 heures le temps de visiter un peu la ville et ensuite de prendre le bus vers Hanoi au Vietnam. On s’est donc promener à pied sous un soleil cuisant. Encore une fois on sent beaucoup les influences françaises. L’Arche de Triomphe version Laos est probablement ce qui nous a le plus intéressé. Cette structure à 4 tours nous a permis d’avoir une très belle vue de plus haut de toute la ville. On a aussi passé devant plusieurs temples Bouddhistes.
On s’est promené comme ça toute la journée et à 17h00 on était au terminus d’autobus près pour 24 heures de transport.

18 JUILLET AU 20 JUILLET 2008 - Direction Laos - Luang Prabang

Après avoir eu ça à la dure dans le nord du Laos on s’est dit que quelques jours à Luang Prabang seraient des plus bénéfiques. Cette fois-ci on a réservé nos places dans l’autobus et on était préparé mentalement pour notre 150 km en 5 heures… C’était beaucoup mieux et plus confortable car l’autobus était moins rempli. De plus le chauffeur prenait des pauses cigarettes aux 2 heures, ce qui était fantastique pour se dégourdir les jambes et vider nos vessies. On est donc arrivé en meilleure forme à Luang Prabang.

C’est une vieille ville avec beaucoup d’influences françaises. Elle est d’ailleurs décrite comme étant le joyau de l’Indochine et fait partie depuis 1995 de l’Unesco World Heritage.

La ville est magnifique. On a trouvé un petit resto français qui avait dans son menu des pâtes délicieuses, des soupes de rêve et des petites pâtisseries bien sucrées. On s’est payé le luxe afin d’oublier les carcasses de poulet! De même, nous avons trouvé une très belle chambre lumineuse et aérée dans une rue près du Mékong. On y était très bien et ça nous a aidé à oublier les mésaventures passées.

Luang Prabang est aussi reconnue pour son night market. Tous les soirs la rue principale est fermée et de nombreux artisans, paysans s’y installe pour vendre leur articles. On y retrouve beaucoup de broderies, des sculptures de bois et bons nombres de souvenirs. C’est très agréable et on comprend bien vite que c’est ici que vont tout les touristes.
Comme Jean-Hugues reprenait du mieux on a décidé de faire une petite excursion dans les rues de la ville et ainsi de visiter ses principaux attraits. Nous sommes montés au sommet du mont Phousi qui est au centre de la ville. De là-haut nous avions une vue fantastique de la région. Au sommet du mont Phousi se trouve aussi un temple et de nombreuses sculptures de Boudha.

Ainsi nous avons eu 2 belles journées de repos dans cette belle ville qui contraste énormément avec Vieng Pouhka…





Alors que Jean-Hugues se reposait et reprenait des forces, j’ai décidé de partir en petite excursion pour aller visiter les chutes du Kouag Si. Elles étaient dans tous les prospectus touristiques… je me devais d’aller voir si elles en valait le coup ou si elles étaient un peu comme les chutes vu dans le nord de la Thaïlande, c’est à dire très décevantes. J’ai donc pris place dans un taxi local avec un petit groupe de touristes pour ce tour organisé. Le dit taxi ressemble en fait à un gros tuktuk avec des fenêtres plastiques qu’on descend pour se protéger de la pluie. On arrive donc sur place et comme on met pied par terre le déluge commence à tomber. Pas de problème… je suis prête à affronter la pluie; manteau goretex et drybag pour protéger la caméra. Ce qui est bien de la pluie c’est qu’elle fait fuir la majorité des touristes… il ne reste donc que les aventuriers amant de la nature pour trouver l’expérience magique et exceptionnelle! Pas besoin de vous dire que j’étais de ceux là. Je pars donc seule de mon côté cherchant à fuir les hordes de monde. Très facilement je remonte un petit cour d’eau qui finalement devient plus grosse rivière… et partout autour de moi se trouvent de petites cascades. C’est magnifique. Comme il pleut beaucoup l’eau s’accumule dans les sentiers, couvre les escaliers et déborde partout. J’arrive finalement à la chute principale qui était à couper le souffle. Je remonte un sentier qui m’amène en haut de la chute. C’est de toute beauté de voir des rideaux d’eau couler un peu partout. Dans mon exploration je rencontre d’autre gens, mais de façon isolé et ils sont eux aussi enchanté de l’expérience. Au bout de 2 heures d’explorations intense je retourne au stationnement où finalement il s’arrête de pleuvoir. J’étais énergisée par eau qui coule, ces arbres aux grandes feuilles et le son de la pluie! Bref… bien que le tour était touristiques j’ai adoré cette brève expérience et j’y serais restée pour une autre heure facilement!
En étant à Luang Prabang, j’ai passé à deux cheveux d’aller vivre l’expérience Mahout. Les Mahouts sont les gens qui dressent et s’occupe des éléphants de travail. J’aurais alors appris à communiquer avec les éléphants, les laver et les monter. Je ne l’ai pas fait car le groupe était déjà plein et nous ne pouvions pas retarder plus longtemps notre départ vers Vang Vien (les jours étaient compté car nous avions une date précise ou nous devions être au Vietnam et rejoindre des amis). Ça sera pour la prochaine fois car tous ceux qu’on a rencontré qu’ils l’ont fait on adoré l’expérience.

7 JUILLET AU 18 JUILLET 3008 - Direction Laos - Akha Trail

Après avoir passé plus de 3 merveilleux mois en Thaïlande nous nous sommes dirigés vers son voisin : le Laos. Nous sommes donc parti de Chiang Mai en direction de Chiang Kong (si ma mémoire est bonne, car nous avons laissé en cours de route notre Lonely Planet désuet de la Thaïlande et celui du Laos est déjà revenu au pays…). Nous sommes donc parti vers la ville frontalière dans le nord de la Thaïlande et le nord du Laos. Il nous a alors fallu traverser le Mékong un grand fleuve qui sert de frontière réelle entre les deux pays et sommes entrés au Laos à Oybouabouddy (c’est ce qui est écrit dans nos passeport hi!hi!hi!). Le Mékong parcourt tout le Loas et va ensuite vers le sud du Vietnam. Beaucoup de touristes prennent ensuite un bateau qui descendra le Mékong jusqu’à Luang Prabang une des villes touristiques très populaire au Laos. Vous nous connaissez… On ne voulait pas faire comme tout le monde, alors on a pris un trajet un peu différent.

Une fois le Mékong traversé on a été surpris de changements! Du côté Thaïlandais on avait accès à plusieurs facilités du genre Internet, bons hôtels, agence de voyage alors qu’au Laos toutes ses commodités étaient pratiquement inexistante. Nous avons pris un tuktuk qui nous a sauvé près de 10 km de marche (Jean-Hugues voulait marcher, il ne croyait pas que nous étions si loin…) À la station d’autobus nous avons goûté notre première soupe aux nouilles laotienne. Elle était délicieuse, remplie d’herbes fraîches, mais nous avons vite compris que c’était le met principal au Laos et qu’elle n’était pas toujours aussi bonnes. Notre autobus était quant à lui bien différent de tous les bus que nous avions pris en Thaïlande. Bien plus petit, bien plus vieux, bien plus tassé… À ce moment la nous ne savions pas encore qu’il était primordial de réserver sa place dès que l’autobus ouvrirait ses portes. Nous sommes donc parti vers Vieng Puckha sans embûche et nous avons été très surpris de rouler sur une super autoroute nouvellement finie. C’était très impressionnant de voir les murs cimentés de plus de 30m de hauts aux endroits ou les montagnes étaient plus abruptes, et malgré cela nous avons vu plusieurs endroits ou il y avait des petits glissements de terrain et de petits éboulis.


En descendant a Vieng Puckha on s’est senti bien loin de tout et seul même si 2 autres voyageurs sont descendus avec nous. Cette ville rurale est très typique du pays et très peu habitué aux voyageurs. Disons que le Laos est très pauvre et n’a pas encore toutes les facilités de la vie urbaine dans toutes ses régions. Les cochons, les poulets, les canards tous les animaux se promènent librement dans la ville. L’électricité n’est disponible que durant 3 heures en soirée et il n’y a pas d’eau courante. Nous avons appris que ce n’est que depuis environ 5 ans que les voyageurs on commencé a arrêté la pour faire des treks. Il existe quelques guesthouse qui offrent des chambres très rudimentaires. Nous nous sommes donc trouvé un petit bungalow de paille avec un gros conteneur d’eau qui sert de douche, et d’eau pour la toilette asiatique. On s’est éclairé a la chandelle et a la lampe frontale! On est ensuite allé au bureau touristique (le seul endroit où il y a des gens qui parlent anglais) et on s’est organisé un trek dans la jungle avec un guide pour les trois journées a venir. On a été très gentiment accueilli et le guide en chef est venu souper avec nous. C’était très bien, il nous a montré un plat traditionnel de viandes grillées sur une plaque chauffante (un petit BBQ au charbon de bois intégré a la table) accompagnées de légumes bouillis dans le pourtour de la plaque. C’était très bien et très intéressant.

Très tôt le lendemain matin nous avons rejoint Bouliane, notre guide, et Bin une toute petite laotienne apprentie-guide. Notre aventure a alors commencé par la plus rock and roll ride de pick-up de toute notre vie. Évidemment en tant que fournisseurs d’argent pour toute cette équipe, nous avions des places confortables à l’intérieur, mais 5 laotiens villageois des villages perdus dans la jungle ont pris place dans la boîte extérieure. Nous sommes bien vite sorti de la route asphaltée en avons emprunté un chemin rempli de côtes et surtout plein de bouette. On est en saison des pluies et ça paraît! Notre chauffeur mérite fortement ce titre. On fait du off road comme on en a jamais fait. On traverse des bancs de bouette quelques fois profonds de plusieurs pieds, on glisse de gauche a droite, on accroche des branches, on monte des côtes impossibles et on en redescend des tout aussi impressionnantes mais on tient toujours la route. C’est drôle, ça nous rappelle nos montés au Buttermilk a Bishop dans le pick-up a Caudy, mais c’est vraiment plus extrême! Après plus d’une heure, on arrive enfin à destination un petit village ethnique où nous avons commencé le trek.

Dans cette première journée, on s’est enfoncé dans la jungle durant environ 3-4 heures. Nous avons été chanceux, on n’a pas eu de pluie pour cette section. Nous sommes arrêtés dîner dans un premier village. Les villages sont très pauvres et rudimentaires. On ne voit pas beaucoup d’adultes car ils sont tous aux champs en train de travailler. Les champs sont des champs de riz. En région montagneuse le riz est beaucoup plus difficile a cultiver et ici toutes les étapes se font a la main. A notre passage beaucoup travaillaient a enlever les mauvais herbes afin de s’assurer que les plans seront plus fort. Au village ou nous avons dîner nous avons manger dans la maison du chef du village. Il a été très content car nous lui avons donné des ibuprophens car il était malade (fièvre et toux). On n’avait rien d’autre… et pour lui c’est très difficile de voir un médecin et d’avoir des médicaments. On espère que notre geste lui aura permis d’être assez bien pour se déplacer et voir un médecin. Après dîner nous nous sommes arrêté dans un autre village ethnique ou nous avions une maison/hutte appartenant a la compagnie de trekking. Comme il était tôt en journée nous avons fait un petit détour pour aller voir une chute d’eau cachée dans la jungle. En route nous avons vu de nombreuses rizières, et aussi de nombreuses zones où les arbres ont été complètement brûlés pour pouvoir par la suite cultiver ses terres. C’est très triste de voir ça, mais de l’autre côté, ses gens ont besoin de terres pour pouvoir cultiver et manger. En cours de route, nous avons eu notre premier contact avec les leeches; de petites sangsues bien déterminer a nous prendre quelques goûtes de sang. On a aussi été surpris par une pluie diluvienne… c’est la saison des pluies! En soirée Bouliane et Bin nous ont préparé un délicieux repas avec du sticky rice, des eggplants, des lentilles et des oeufs. On a mangé à la façon laotienne soit juste avec la main droite. On a bien dormi dans notre petite maison et on était prêt pour une longue journée le lendemain.






Au lendemain nous avons continué d’avancer dans la jungle. Nous avons eu de nombreuses rivières a traverser et nous avions les pieds dans l’eau et dans la boue. Nous avions bien ri quand j’ai complètement manqué une traversée sur un tronc d’arbre et que je me suis retrouvée mouillée jusqu’aux genoux! En cours de route il y avait des leeches et nous nous sommes fait mordre a multiples reprises mais tout était sous contrôle. Nous nous sommes arrêtés dans un autre village pour dîner. Plus on avançait et plus on réalisait que ces gens sont vraiment coupés de tout. Dans ce village je me suis amusée a prendre des photos des enfants. Au Laos, ce n’est pas facile de prendre des photos des gens car ils ne savent ce qu’est cet appareil et en sont craintifs. Les enfants quant a eux étaient curieux de nous voir et une fois que je leur ai montré les photos sur l’écran voulaient que j’en reprenne de plus en plus. Notre guide nous a dit que nous étions peut-être les premiers blancs que ces enfants voyaient. J’ai bien ri de voir un homme prendre le soulier de Jean-Hugues (car en entrant dans les maisons on enlève toujours nos chaussures) et l’observer sous toutes ses coutures, même s’il était complètement couvert de bouette!
Le village Akha où nous nous sommes arrêtés pour la nuit était assez grand et assez surprenant. C’était un village à nos yeux plus riche que ceux que nous avions vu précédemment, même s’il était plus difficile d’accès. Il y avait de nombreuses vaches entremêlées de cochons et de poulets. Évidemment aucune clôture ou enclos et les enfants jouaient à travers tout cela! Le sol était très boueux et les bouses de vaches et de cochons se mêlaient à tout… Nous avons trouvé très peu commode quand Bouliane nous a dit qu’il n’y avait pas d’endroit pour les toilettes et que pour libérer nos besoins nous devions aller dans la jungle. Il nous a même suggéré le soir d’y aller deux par deux de façon à éloigner les cochons!!! Du dépaysement, on en avait.

Cette fois-ci pour souper, on a été chanceux, on a acheté un poulet vivant. Ce soir la les Spirits (esprit qui habitent toutes choses vivantes) autorisaient de manger un poulet. Le chef du village communique avec eux pour décider qu’est-ce qu’on peut manger (porc ou poulet)… Cool, au moins on savait que le poulait serait frais. On a bien ri car on a failli se faire refiler un poulet blanc. Dans les croyances de ces villages, les Spirits ne leur recommandent pas de manger les poulets blancs. On a donc assisté à toute les étapes de préparation de notre poulet. On a vu comment ils l’ont tué (par pendaison), comment ils l’ont bouilli, déplumé et cuit (en le faisant bouillir encore une fois).

Quand est venu le temps de manger, nous avons été très surpris de goûter le pire poulet de toute notre vie! Il était très coriace et difficile à mastiquer. Nous avons aussi appris que les Laotiens ne font pas de gaspillage et mangent les os, les pattes et même la tête!!!! Ouach… Pas pour nous…

Après notre décevant poulet, on ne voulait pas dire qu’on le trouvait pas mangeable étant donné la valeur du repas dans ce pays, nous avons eu la chance d’avoir un massage a la laotienne. 3 jeunes filles du village d’environ 14-15 ans nous ont massé pendant près de 45 minutes. Elles étaient bien bonnes. Bouliane nous a dit qu’elles ont appris de leur mère et ainsi se transmet le savoir.

Durant la nuit, on s’est tous fait réveillé par un veau qui pleurait parce qu’il ne trouvait pas sa maman… Très longue nuit!

Au lendemain matin Jean-Hugues me dit qu’il ne se sentait pas bien, qu’il se sentait malade et un peu fièvreux. Malheureusement on ne peut lui accorder une journée de repos, on doit marcher près de 20 km pour sortir de la jungle. Comble de malheur il pleuvait a boire debout et tout était en bouette. On est donc parti affronter dame nature. On n’a jamais marché dans autant de bouette! De plus les leeches se sont mis de la partie et a chaque rivière que nous traversions nous faisions un leeche check ou il nous est arrivé d’enlever près de 10 leeches a la fois. Heureusement Bouliane et Bin nous aidaient et nous enlevaient les bestioles récalcitrantes à l’aide de leur potion de grand-mère à base de sel et de tabac.

De mon côté j’appréciais l’aventure dans la jungle, cependant Jean-Hugues allait de plus en plus mal. La fièvre montait tranquillement, il était de plus en plus faible et marchait du mieux qu’il pouvait. Nous étions détrempés et on dépensait de l’énergie pour ne pas geler même si nous avions nos gortex. Quand Bouliane, notre guide, s’arrêtait pour une pause il n’était pas possible pour JH de s’arrêter plus de 5minutes car il se mettait à frissoner.

Heureusement en milieu d’après-midi la pluie s’est calmée. Nous sommes donc arrivés à destination après près de 8 heures de marche dans les côtes, les rivières, la bouette et les leeches! En attendant notre transport pour revenir à Vieng Puchka qui était à 15km de route, nous en avons profité pour enlever nos chaussures et faire un dernier et ultime leeches check. Jean-Hugues avait trouvé une bestiole dans son soulier, mais n’arrivait pas à l’enlever; disons que ses capacités étaient limités par la fièvre, le froid et la fatigue. Il a donc demandé à Bouliane de le faire pour lui. Nous n’avons pas alors réalisé que Bouliane avait enlevé l’orthèse du soulier, mais surtout qu’il ne l’avait pas remise car nous sommes reparti en sandales!

Notre transport arrive, on se fait ramener en ville, on remercie Bouliane et Bin pour la belle aventure malgré la pluie. Ils ont été charmants et aidant tout au long des trois jours. On fait le tout assez rapidement car JH doit vraiment aller se coucher puisqu’il ne feel pas bien et fait maintenant une bonne fièvre.

On retourne donc dans un guesthouse rudimentaire, sans douche, sans eau courante, sans électricité. Je donne des Tylénol à JH, je lui dis de se coucher et que je vais m’occuper de défaire les sacs et d’accrocher les vêtements mouillés. C’est à ce moment précis qu’on découvre qu’il manque une orthèse dans sa chaussure… On pense rapidement et on fait le lien avec la leeche enlevée… Il faut donc que je trouve un moyen de retourner la chercher! Pas facile car à Vieng Puchka il n’y a pas de taxis et peu de gens parlent anglais, donc ne me comprennent pas!
Je retourne donc au bureau touristique et trouve un des dirigeants (qui parlent pas trop bien anglais) et lui explique la situation. Malheureusement il semble pressé de partir et me dit que c’est le problème de mon guide!!! Il me dit qu’il va l’appeler dans 5 minutes quand il va revenir et que Bouliane me contactera par la suite. J’essaie de faire plus, lui propose de l’attendre, lui dit que je veux juste un transport… Rien à faire le monsieur disparaît et me laisse seule comme ça…

Je retourne auprès de mon malade qui dort à point fermé. Cependant il est très chaud et la fièvre ne semble pas descendre. Je le force donc à venir dans la salle de bain ( ou plutôt pièce à toilette et bidon d’eau) et je lui donne une douche à la chaudière. Ça l’aide un peu mais l’opération sera à refaire plusieurs fois dans la nuit. À chaque fois que nous entrions dans la toilette on se devait de localiser une grosse araignée qui nous faisait peur avec ses grandes pattes poilues…(plus petit et moins velu qu’une tarentule).

Ça va pas trop bien… Il faut qu’on prenne l’autobus le lendemain à 10h00 car on ne peut rester là dans ces conditions alors que Jean-Hugues est malade, mais on ne peut partir sans l’orthèse qui est essentielle pour ses genoux au Népal. Comble de malheur je suis allée manger au resterant, j’ai commandé du poulet au riz… j’ai reçu une carcasse (des os pas de viande) de poulet avec du riz! Pas bon du tout!

Je pense que c’est la première fois du voyage ou je m’ennuie de chez moi et que je me sens seule et un peu désemparée. Je prépare nos sacs (je mets tout ce qui est lourd dans le mien pour donner une chance à mon amoureux) et je me dis que la nuit porte conseil et que demain sera un jour meilleur.

Le lendemain matin j’avais mon plan d’attaque. Je me lève tôt pour aller attendre mon monsieur de la veille à l’ouverture du bureau. Ainsi je donne une chance à Jean-Hugues de dormir plus longtemps. Je me rends au bureau, et revois le monsieur. J’avais amener l’autre orthèse et chaussure pour lui montrer ce qui me manquait. Heureusement pour moi, Bouliane arrive à ce moment-là (j’étais très surprise car il nous avait dit qu’il travaillait dans sont champs cette journée là). Je lui explique la situation et lui dit que je suis prête à payer pour y aller… Il comprend que c’est très important et il ne me demande que de l’argent pour son gaz et il part en mobylette pour la retrouver. Il revient au bout de 45 minutes le sourire triomphant l’orthèse à la main! Wow, je suis si soulagée et nous avons le temps d’aller prendre l’autobus. Je me suis retenue de l’embrasser car c’est mal vu là-bas mais je pense que mes milles mercis, mon sourire et 3X le prix du gaz lui ont bien démontré ma gratitude.

Je rejoins mon malade et lui annonce la bonne nouvelle. Jean-Hugues n’est toujours pas en forme, mais on se dit qu’il faut vraiment se rendre dans une ville avec électricité et eau courante. On espère se rendre à Luang Prabang qui est à environ 350 km.

On prend donc un premier mini van tout confort et bon prix qui nous amène en environ 1 heure à Luang Namtha ou nous allions prendre l’autobus jusqu’à Luang Prabang. Jusque-là la route était très belle, c’était le nouvel autoroute. Malheureusement le chauffeur nous a tout d’abord débarqué au mauvais terminal… il nous a donc refait payer le même montant que nous lui avions donné pour 1 heure de route, alors que nous étions à 10 minutes du bon terminus. De plus en arrivant on réalise que nous avions manqué le seul autobus pour Lung Prabang (il partait à 9h00 am). On décide donc de faire quand même une partie du chemin et de se rendre à Muang Xay qui se trouve à mi-chemin. On doit cependant attendre 2 pénibles heures avant le départ. Jean-Hugues aurait voulu dormir, mais l’endroit n’est pas assez confortable. De plus on se dit qu’on n’a que 150km à faire, ça va être assez rapide et qu’ensuite on sera bien. En attendant, on rencontre une voyageuse française (ils sont vraiment très nombreux au Laos, car ce dernier est une ancienne colonie française). Elle est bien sympathique et voyant l’état de Jean-Hugues nous suggère que c’est peut-être la malaria même si on prenait déjà les médicaments contre la malaria. Elle-même a déjà fait plusieurs crises de malaria qu’elle contrôle avec le Malarone. Je suis bien embêtée, mais il est vrai que s’il prend la dose curative rapidement il peut s’éviter des séquelles associées si c’est bel et bien la malaria. Si ce n’est pas ça (je pense qu’il a un virus que lui aurait peut-être transmis l’Allemand tenancier de la Guesthouse à Chiang Mai car il était très malade à notre départ ) il va juste avoir une grosse dose de Malarone et avoir le système digestif tout à l’envers. Il décide donc de prendre le Malarone curatif au cas ou. Il faut aussi expliquer qu’au Laos on ne peut espérer voir un médecin compétant même dans les grandes villes. Pour des soins médicaux de qualité il faudrait retourner en Thaïlande ou aller au Vietnam.

Bien qu’on avait déjà pris l’autobus, on n’avait pas compris l’importance de réserver nos places dès que les portes sont ouvertes (2 heures avant le départ). On pensait qu’en ayant un billet, on s’assurait une place. On a appris à nos dépens. Jean-Hugues s’est ramassé à côté d’un homme qui ne voulait pas mettre ses baguages sur le toit, comme tout le monde, et qui prenait alors un banc et demi. Pour ma part je me suis retrouvé sur un coussin sur le moteur entre le chauffeur et le passager avant. L’autobus était plein, il y avait même des gens assis sur des chaises de jardins dans l’allée.

On est donc parti inconfortable, dans l’espoir d’arriver au bout de 2 heures. On a vite réalisé que l’enfer serait beaucoup plus long. La nouvelle autoroute se terminait à Luang Namtha et laissait place à une piètre route de campagne ou les nid de poules étaient des lits de dinosaures et ou la vitesse moyenne était 15km/heure. C’était atroce! Nous arrêtions fréquemment pour laisser descendre et prendre des passagers. J’ai heureusement pu, après 2 heures, m’asseoir sur une chaise de jardin. Jean-Hugues quant à lui combattait la maladie, et aurait bien voulu dormir, mais c’était impossible dans ces conditions. Au bout de 5 heures ne pouvant plus me retenir, j’ai demandé (ou plutôt gesticulé) au chauffeur de faire un arrêt pipi. Tout l’autobus s’est précipité pour aller libérer leur envie! Je n’en reviens toujours pas que personne ne l’ait demandé avant alors qu’ils parlent tous laotien… Nous sommes finalement arrivés à Oudoumxay au bout 5h30. La pire ride d’autobus de toute notre vie!

J’ai alors trouvé une très confortable chambre ou nous nous sommes installés. Nous y sommes restés pendant 3 longues journées ou Jean-Hugues était tellement malade et faible que je devais lui ramener de la nourriture. Souvent je l’ai envoyé dans la douche froide pour baisser sa fièvre. Pour ma part j’ai visité un peu, mais il n’y avait pas beaucoup pour les touristes car c’est une ville transition pour les voyageurs. Beaucoup de chinois sont établis dans cette région et ainsi Oudoumxay a beaucoup d’influences chinoises.

Tranquillement Jean-Hugues s’est remis et nous avons enfin quitter Oudoumxay pour Luang Prabang. J’ai trouvé ça très difficile de voir mon amoureux si faible et de me sentir si impuissante. C’est probablement une des pires passes du voyage, mais heureusement il s’en est remis. Avec du recul on ne pense pas que c’était la malaria, peut-être plus un virus ou la fièvre de Dengue. On pense ne jamais vraiment le savoir. Il est bien certain que la maladie fait partie des voyages, mais on fait tout pour la limiter!